Concerts
Concert

Beethoven : Sonate pour piano n°22 en Fa Majeur op 54

Durée : 12 minutes

Maroussia Gentet joue la Sonate pour piano n°22 en Fa Majeur op 54 composée par Beethoven en 1804.

Souvent négligée par les interprètes, cette sonate reste donc méconnue des auditeurs. Trop modeste, sans doute, avec ses deux mouvements qui semblent la jumeler avec l’opus 49. Mal placée, entre les spectaculaires « Waldstein » et « Appassionata » . Nullement matériau pédagogique (l’Allegretto dérapera sous des doigts malhabiles !), elle révèle pourtant maintes subtilités. « In tempo d’un Menuetto » et non « Menuetto », nuance Beethoven, comme pour avertir qu’il n’y aura pas là les reprises et symétries de la véritable danse. Que de répétitions, cependant ! Celles du motif initial, transposé, développé, orné de formules qui possèdent un rôle structurel. Beethoven se livre à une sorte d’étude de composition, pressant son matériau jusqu’à l’écorce. Mais il ne fonde pas la totalité du mouvement sur cet élément thématique candide, d’une désarmante simplicité. Il lui oppose une seconde idée : de solides octaves auxquelles des sforzandos (souvent sur des temps faibles) ajoutent un relief supplémentaire.

Un continuum de doubles croches s’écoule dans l’Allegretto, pas si fluide cependant car les intervalles disjoints donnent à la ligne un caractère accidenté. En outre, de nombreux sforzandos à contretemps et des syncopes bousculent la régularité. Dans ce mouvement, la thématique se définit par un procédé d’écriture, une texture, non par une ligne mélodique constituée de phrases nettement articulées. Dans la coda, « più allegro », l’emportement va de pair avec une main gauche qui bourdonne comme un instrument populaire.

Structure

  1. In Tempo di Menuetto 
  2. Allegretto - Piu allegro
Maroussia Gentet
L'intégrale du concert
Maroussia Gentet et François-Frédéric Guy jouent les sonates n°1, 9, 10, 22, 13, 15 et 29 de Beethoven
Maison de la Radio,Paris