Concerts
Concert

Haendel : Scherza infida, Aria, ext. d'Ariodante (Act. II, Sc.3)

Durée : 6 minutes

Les Arts Florissants, Léa Desandre ... interprètent un extrait de Ariodante de Haendel sous la direction de William Christie. En direct de la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.

Le Prince Ariodante doit épouser la fille du roi d’Ecossse, Ginevra. Il est faussement convaincu de la trahison de sa fiancée par l’intriguant  duc Polinesso qui agit avec la complicité de la suivante Dalinda. Ariodante désespéré, fuit la Cour. Ginevra injustement accusée perd la raison quand elle est reniée par son père. Alors qu’on le croit mort, le  jeune Prince assiste à une tentative d’assassinat de Dalinda, témoin devenu gênant pour le fourbe Polinesso. Il commence à comprendre que les  apparences l’ont certainement trompé. Son frère, Lurcanio provoque en  duel Polinesso qui, avant de mourir, avoue son stratagème. Ginevra,  définitivement lavée de tout soupçon, recouvre la raison et peut enfin  épouser Ariodante.

Opéra majeur du début du XVIIIème siècle, Ariodante composé en 3 actes, occupe une  place particulière dans la longue carrière londonienne de Haendel qui  déployait sans compter des talents de compositeur, de chef d’orchestre  et d’impresario pour imposer ses choix esthétiques à un public passionné et parfois partisan. C’est dans ce climat de luttes incessantes, qu’Haendel entreprit la composition d’Ariodante, première création donnée dans le théâtre flambant neuf de Covent Garden le 8 janvier 1735 pour concurrencer une nouvelle troupe dans laquelle se produisait le fameux castrat, Farinelli.

La partition, reflet de différentes influences, offre un véritable renouvellement du langage musical et une conception théâtrale recentrée  sur l’expression des sentiments, sans recours artificiel au merveilleux. 

Cette histoire d’amours contrariées sur fond de chevalerie, débarrassée  d’intrigues parallèles, fait une place importante à la description de la  nature. Autant d’éléments qui contribuent de manière étonnante à faire  de cet « opera seria » dans lequel Haendel s’affranchit des contraintes  de l’aria da capo pour mieux traduire la passion, un ouvrage  romantique avant la lettre. L’orchestre devient un personnage à part  entière qui prolonge l’écho de sentiments souvent développés avec une  virtuosité éblouissante. Le rôle-titre fut écrit pour le castrat  Carestini, rival de Farinelli. L’influence de l’opéra-ballet versaillais  ajoute une facette de plus à cette œuvre inclassable où brilla la  célèbre danseuse Marie Sallé qui participa aussi à la création des Indes Galantes  de Rameau quelques mois plus tard. Après un accueil mitigé et deux  siècles d’oubli, il a fallu attendre la renaissance baroque de la fin du  XXème siècle pour que Ariodante rencontre enfin le succès.

Dans les Jardins de William Christie à Thiré en Vendée (85)
L'intégrale du concert
Odyssée Baroque : Les Arts Florissants
Grande salle Pierre Boulez-Philharmonie