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Rameau : Tu chantais, Air, ext. de Les Fêtes d'Hébé ou les Talens lyriques

Durée : 4 minutes

Les Arts Florissants, la Julliard 415 et Léa Desandre interprètent un extrait des Fêtes d'Hébé de J.P Rameau sous les directions de William Christie et Paul Agnew. En direct de la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.

Les fêtes d’Hébé, aussi appelé “Les Talens Lyriques” est le deuxième opéra-ballet composé par Jean-Philippe Rameau sur un livret d'Antoine César de Montdorge, après les Indes Galantes, et créé le 21 mai 1739 à Paris. Les trois entrées qui le composent  représentent les trois formes d'art associées à l’opéra : Poésie,  Musique et Danse.

Appartenant augenre scénique appelé « opéra-ballet », il s’agit d’un spectacle  lyrique né de la tradition du ballet de cour et pratiqué uniquement en  France  au XVIIIème. Il disparaîtra à la fin du siècle quand le public  se sera lassé de ses débordements jugés futiles et trop artificiels. La  danse y tenait une place essentielle comme la beauté des costumes ou la  féérie des décors renforcée par l’utilisation des « machines »  nécessaires aux effets spectaculaires. Les Indes Galantes  (1735) de Rameau marquent l’apogée de ce genre mixte qui associe musique  instrumentale, chant et danse selon une structure formée d’un prologue  et d’entrées successives, reliées par un thème général. Ce type  d’ouvrage où l’action dramatique se trouvait réduite à sa plus simple  expression, ressemblait au spectacle de music-hall que nous appellerions  aujourd’hui une « revue ». 

Le public appréciait la succession des divertissements dont l’autonomie  permettait une abondance de changements de costumes et de décors. Tout  devait donc concourir au plaisir du spectacle : la variété de rythmes et  d’atmosphères comme la réunion de divers talents, chanteurs, danseurs,  metteur en scène et chorégraphe.
Les Fêtes d’Hébé s’imposèrent d’emblée avec une distribution  exceptionnelle dans laquelle figurait la célèbre danseuse Marie Sallé en  Terpsichore. Ce succès fut durable comme en attestent de nombreuses  reprises jusqu’à la mort de Rameau.  Le génie du compositeur est d’avoir  su tirer le meilleur parti de ces « Entrées », reliées entre elles de  la manière la plus artificielle. Jouant de tous les registres, comique,  tragique ou  pastoral, Rameau parvient à dépasser le pur agrément d’une  musique de divertissement pour donner quelques-unes de ses plus belles  pages au nombre desquelles se trouvent les airs de Sapho et d’Iphise. La  beauté des chœurs et la réussite des danses contribuent  à faire de  cette œuvre raffinée et variée une des plus remarquables illustrations  de l’ «opéra-ballet ».

Hébé, déesse de la jeunesse, quitte le séjour de l’Olympe pour la terre.  Les Zéphirs la transportent sur les bords de la Seine où « les Talents  qu’on chérit sur la scène lyrique » vont être célébrés. La Poésie, la  Musique et la Danse seront tour à tour évoquées.

Prologue - Hébé a quitté l’Olympe, lasse d’être poursuivie par  les habitants des cieux, surtout Momus qui lui fait une cour effrénée.  Sur terre, où elle s’est retirée, les Grâces convoquent l’Amour :  celui-ci convie Hébé et sa suite sur les bords de la Seine où un  spectacle pompeux se prépare.

I – La Poésie. Sapho pleure  Alcée, son amant exilé par le roi Hymas suite aux manœuvres de son rival  Thélème. Alcée paraît pourtant, bravant les interdits ; il jure de se  venger de Thélème. Mais Sapho l’apaise : ensemble, ils invoquent le dieu  de la poésie. On entend au loin venir la chasse royale. Pour divertir  Hymas tout en l’amadouant, Sapho fait exécuter une fête galante  retraçant l’union d’une Naïade et d’un Ruisseau bénie par le Fleuve.  Touché, le roi gracie Alcée et autorise son union avec Sapho, tandis que  Thélème s’enfuit. La fête reprend de plus belle.

II – La Musique.  La fille du roi Lycurgue, Iphise, va s’unir à Tyrtée dont les chants  l’ont envoûtée. Mais un Oracle révèle que la princesse ne pourra épouser  qu’un héros vainqueur des Messéniens. Tyrtée part au combat à la tête  des Spartiates, assuré de la victoire. Iphise prie pour son retour : on  lui annonce une issue favorable. Déjà Tyrtée reparaît couvert de  lauriers : son art a triomphé des ennemis. Lycurgue peut enfin unir les  deux amants sous l’œil bienveillant d’Apollon.

III – La Danse.  Tâchant de séduire Églé, Mercure approche de son village, déguisé. Le  berger Eurilas lui explique que la jeune fille est l’élève la plus  talentueuse de Terpsichore, et que cette muse lui a promis un époux.  C’est au temple de l’Hymen qu’Églé doit le désigner. Eurilas espère être  l’heureux élu, mais il faut se rentre à l’évidence : Mercure est  meilleur danseur. Églé en est éblouie. Tous deux échangent leurs  serments. Devant les habitants du village, accourus pour la noce, le  dieu révèle son identité. Le bocage se change en jardin luxuriant où  Terpsichore et sa suite paraissent pour couronner Églé nouvelle nymphe  de la danse.

Dans les Jardins de William Christie à Thiré en Vendée (85)
L'intégrale du concert
Odyssée Baroque : Les Arts Florissants
Grande salle Pierre Boulez-Philharmonie