Sessions studio
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Paul Lay/Beethoven : Paraphrase de la Sonate n° 14 en ut dièse mineur op. 27 n° 2 "Clair de lune"

Durée : 6 minutes

Le pianiste Paul Lay paraphrase sur le premier mouvement de la Sonate n° 14 en ut dièse mineur op. 27 n° 2 "Clair de lune" » de Ludwig van Beethoven. Extrait du concert Génération France Musique, le Live, enregistrée le 05 septembre 2020 au Théâtre de l'Alliance Française.

Les reprises du mythique compositeur Ludwig van Beethoven sont multiples : l'Ode à lajoie, La 9eme ou la 5eme symphonie ... ou bien encore la Sonate n° 14 en ut dièse mineur op. 27 n° 2 nommée "Clair de Lune" composée en 1810. 

Cette sonate doit son surnom à Ludwig Rellstab, auquel elle évoquait un clair de lune sur un lac. Peut-être le poète avait-il besoin d’invoquer une image (devenue depuis lors un lieu commun du romantisme) pour donner un sens à cette partition sans équivalent dans le répertoire pianistique. Le tempo des mouvements, tous enchaînés (comme dans la n° 13, l’autre sonate « quasi una fantasia »), devient de plus en plus rapide, comme si Beethoven se projetait avec rage dans l’avenir. L’Adagio sostenuto est délicat à jouer « senza sordino » (c’est-à-dire « sans les étouffoirs ») sur un piano du début du XIXe siècle : l’indication du compositeur convient davantage à des instruments plus anciens. 

En revanche, les mécanismes de l’époque auront du mal à résister à la férocité du finale, comme si Beethoven imaginait un piano qui n’existe pas encore. Pas plus que dans la Sonate n° 13, il ne commence par un mouvement de forme sonate, optant ici pour un discours continu, sans reprises ni symétries, qui relève bien de l’univers de la fantaisie. Un embryon de mélodie, à la fois lamento et marche funèbre, se greffe sur des triolets lancinants, presque toujours piano ou pianissimo, dans les registres grave et médium. 

L’Allegretto apporte une bouffée de détente avec son rythme dansant et, dans le trio central, la bonhomie d’accents rustiques. En mode majeur, il reste toutefois sur la même tonique que les deux autres mouvements, comme s’il leur était assujetti. La forme sonate régulière du Presto agitato permet de conserver des repères dans un déchaînement d’une violence inouïe. Jamais la tension ne se relâche, de même que la musique évolue entièrement dans de sombres tonalités mineures. En plaçant le mouvement le plus long à la fin de l’œuvre, Beethoven lui confère un statut d’apogée, mais sans lui demander de résoudre les conflits.

Nicolas Herrouët, membre du quatuor Ellipsos
L'intégrale du concert
Concert Génération France Musique, le live, du 05 septembre 2020
Théâtre de l'Alliance Française