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Haendel : O let the merry bells ring round , Air and chorus, ext. de L'Allegro, il Penseroso ed il Moderato

Durée : 4 minutes

Les Arts Florissants, Maud Gnidzaz ... interprètent un extrait de L'Allegro, il Penseroso ed il Moderato de Haendel sous la direction de William Christie. En direct de la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.

Ni opéra ni oratorio, L'Allegro, il Penseroso ed il Moderato est une ode pastorale composée durant l'hiver 1740, créée le 27 février 1740 au Théâatre in Lincoln's Inn Fields à Londres. Composée en trois parties cette oeuvre s’inspire de deux poèmes de Milton. Réécrits sous forme de dialogue, ils  expriment l’esprit humain dans ses contrastes : gaieté et mélancolie,  intériorité et extraversion.

Précédé de Israel en Egypte, et suivi par le Messie, il a été composé en 17 jours. Le livret de John Milton et Charles Jennens,  composé de 225 vers, ne déploie pas d’action dramatique, ne dépeint pas des personnages caractérisés, et ne comporte aucune intrigue. À  quoi ressemble cette « ode pastorale » ? À rien de ce qu'Haendel a  produit jusqu'ici, à rien de ce qu'il composera ensuite. Proche, par la  forme, d'Alexander's Feast, l'œuvre évoque plutôt, par l'esprit, Acis and Galatea  (1718), à la différence qu'aucun alibi mythologique ou historique n'y  est convoqué et qu'en dépit des contrastes institués par les librettistes entre les différents personnages, l'action dramatique en est quasiment absente. 

Haendel va néanmoins s'emparer des allégories du  texte et en faire de véritables personnages, en confiant à l'orchestre  plus qu'aux voix (les airs de l'Allegro et du Moderato sont ainsi partagés entre des tessitures différentes) la charge de donner à chacun son propre caractère. À l'Allegro les  mouvements enjoués, dansants, écrits avec le plus de souplesse et le moins de sophistication possibles, au Penseroso les tempos plus lents, le mode mineur, une sensibilité parfois à fleur de peau.

La première partie donne indubitablement l'avantage à l'Allegro, qui la débute et la finit. Sur un mode bucolique, Haendel souligne l'insouciance et la fougue de la jeunesse. Puis peu à peu, le compositeur va insensiblement faire glisser l'Allegro, à la fin de la première partie vers un ton plus sérieux, préparant ainsi le règne du Penseroso sur la deuxième partie, qu'il ouvre et clôt. La troisième partie est entièrement dévolue au personnage du Moderato, qui représente le juste milieu entre les tendances extrêmes représentées par l'Allegro et le Penseroso,  la sérénité acquise par la maîtrise des passions opposées de l'âme,  démarche dans laquelle on peut déjà entrevoir une exigence d'équilibre  toute classique
Cette oeuvre est un dialogue entre l'homme « joyeux » (allegro) et l'homme « songeur » (penseroso), à laquelle l’homme « pondéré » (moderato) vient apporter la morale finale.

Dans les Jardins de William Christie à Thiré en Vendée (85)
L'intégrale du concert
Odyssée Baroque : Les Arts Florissants
Grande salle Pierre Boulez-Philharmonie