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Gounod : Mors et Vita, Épilogue et "Oro supplex", quatuor avec orgue

Durée : 8 minutes

Elsa Dreisig, Kate Aldrich, Yosep Kang, Patrick Bolleire, Olivier Latry et l'Orchestre national de France sous la direction de Jesko Sirvend interprètent deux extraits de Mors et Vita de Charles Gounod : l'épilogue et le quatuor avec orgue. Extrait du Gala Gounod donné le 16 juin 2018.

On sait peu de choses sur l’époque et les circonstances de la composition de Mors et Vita, peut-être entreprise en août 1882 à la suite de la création de La Rédemption au Festival de Birmingham et achevée au printemps 1884 pour être créé dans cette même ville le 30 août 1885. « J’ai placé la mort avant la vie, écrivit Gounod dans sa préface parce que, dans l’ordre des choses éternelles, la mort précède la vie, alors qu’il en va autrement dans l’ordre des choses temporelles. La mort n’est que la fin d’une existence qui meurt un peu chaque jour.  Mais  c’est  le  moment  premier  et,  en  fait,  la  naissance  de  ce  qui  ne  meurt  jamais.  »  L’ouvrage en trois parties offre une progression du deuil passager à la félicité éternelle, « à savoir les larmes que la mort nous fait répandre ici-bas, les espérances d’une vie meilleure (1re partie : Requiem), la crainte solennelle en une justice infaillible (2e partie : Jugement des élus et des exclus), la confiance tendre et filiale en l’éternel Amour (3e partie : Vision de la Jérusalem céleste) ». Extrait de la Séquence du Requiem, l’Oro supplex est l’une des dernières suppliques que l’âme défunte adresse à son Juge : « Prosterné, suppliant, je prie, le cœur broyé comme une cendre ; prenez en main mon sort suprême ». La voix du ténor ne cesse de s’élever comme sa prière, laissant aux inflexions descendantes du basson la charge de suggérer « prosterné, suppliant, je prie », aux chromatismes et au mordant des pizzicatos implacables le soin d’exprimer la douleur (« le cœur broyé ») ; de même pour la mezzo et le cor anglais ; l’entrée des deux autres voix modifiera le rapport texte/musique en usant librement des ressources de la polyphonie. 

Bref  et  condensé,  l’Épilogue  couronne  en  une  puissante  péroraison  orchestrale  les  quatre-vingt-dix minutes du Requiem dont il rappelle et confronte les motifs conducteurs.

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L'intégrale du concert
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Auditorium de la Maison de la Radio (Paris)
Compositeur
Charles Gounod
Charles Gounod