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Mendelssohn : Symphonie n°4 en la majeur op. 90 « Italienne »

Durée : 29 minutes

Sous la direction de Pablo Heras-Casado, l'Orchestre philharmonique de Radio France joue la 4e symphonie "Italienne" de Mendelssohn. Extrait du concert donné le 3 décembre à l'auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

Structure

  1. Allegro vivace

  2. Andante con moto

  3. Con moto moderato

  4. Saltarello : Presto

Prodigieusement doué, Felix Mendelssohn était aussi d’une exigence impitoyable. À sa mort, il laisse un grand nombre d’œuvres à l’état de manuscrit, situation de sa Symphonie n° 4 pourtant créée avec succès en 1833. Mais il souhaitait apporter des révisions avant de la publier, travail qu’il n’a pas mené à bien. L’œuvre est donc éditée à titre posthume, en 1851, dans une version qu’il aurait jugé imparfaite.

On se demande pourtant ce qu’il pouvait reprocher à cette symphonie éblouissante qui doit son surnom, « Italienne », au pays dans lequel il avait amorcé sa composition. Lors de son « Grand Tour » à travers l’Europe, il visite Venise, Milan, Florence et Naples de l’automne 1830 à l’été 1831. C’est à Rome qu’il séjourne le plus longtemps, du 1er novembre 1830 au 10 avril de l’année suivante. Enthousiasmé par la beauté des paysages, les ruines antiques et la peinture de la Renaissance, il est en revanche déçu par la médiocrité des orchestres et des chanteurs.

Mais lors de son séjour romain, il fait la connaissance d’Hector Berlioz dont il suscite l’admiration : « J’ai vu Mendelssohn, ah mon dieu, quel talent !... C’est inouï… superbe, grand, délicat, gracieux, sensible, violent, rapide, fort, doux, profond. » Autant de qualificatifs qui valent pour la Symphonie « Italienne »

Inspirée par les ambiances de l’Italie sans être pour autant « descriptive », la partition contient deux mouvements particulièrement vifs et brillants : l’Allegro vivace initial, au rythme bondissant, puis le finale tourbillonnant intitulé Saltarello (terme qui désigne une danse d’origine italienne au tempo enlevé). « J’ai recommencé de composer avec une vigueur toute neuve, et la Symphonie italienne fait des progrès rapides ; ce sera la pièce la plus joyeuse que j’ai jamais composée, particulièrement dans son dernier mouvement », avait écrit Mendelssohn à sa sœur Fanny. Pour éviter tout alanguissement peut-être, l’œuvre ne comporte pas de mouvement lent : en deuxième position, une marche au tempo modéré évoque un cortège (idée partagée par Berlioz dans le deuxième mouvement d’Harold en Italie).

Souvenir des processions auxquelles le compositeur assista en Italie ? Cet Andante con moto rappelle également le Baroque allemand, avec sa mélodie dans le style d’un choral accompagnée par des croches régulières, telle une ligne de basse continue.

Mendelssohn, qui excelle dans la composition de scherzos vif-argent, exclut toutefois cette idée pour des raisons d’équilibre. Laissant le privilège de l’alacrité au finale, il donne à son troisième mouvement le caractère d’un menuet. Au centre du mouvement, le Trio met en valeur les cors et les bassons. Cette façon de colorer l’orchestre avec les vents (et en particulier les bois), caractéristique du Mendelssohn, s’entend aussi dans les autres mouvements de la symphonie, « un chef-d’œuvre frappé d’un seul coup, à la manière des médailles d’or », selon les propres termes de Berlioz.

L'Orchestre philharmonique de Radio France joue Ravel Bruch et Mendelssohn
L'intégrale du concert
Mendelssohn, Ravel et Bruch avec Maxim Vengerov
Maison de la Radio et de la Musique,Paris
Compositeur·rice
Felix Mendelssohn
Felix Mendelssohn