Sessions studio
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Maurice Ravel : Cinq Chansons populaires grecques

Durée : 7 minutes

Le Ténor Bastien Rimondi et le pianiste Johan Barnoin interprètent les Cinq Chansons populaires grecques de Maurice Ravel. Une émission enregistrée le 30 30 janvier 2021 au Théâtre de l'Alliance Française et présentée par Clément Rochefort.

Mondialement connu pour le Boléro ou encore son impressionnant Concerto pour lamain gauche composé pour le pianiste virtuose Paul Wittgenstein, plus rares sont ceux qui connaissent Maurice Ravel le mélodiste. Pourtant, le compositeur n’a jamais cessé de composer pour la voix, accompagnée principalement du piano – parfois de cordes. En quarante années de vie musicale active se succèdent plus de quarante mélodies, dont quatre petits cycles et plusieurs recueils de chants populaires harmonisés, une vocalisé-etude, trois choeurs a cappella, des pièces de concours écrites pour le Prix de Rome et deux oeuvres lyriques menées à bien. Cette énumération atteste de la variété des genres abordés, et l’examen des mélodies montre combien Ravel a su parfaitement adapter son style au texte et à l’atmosphère des poèmes choisis.

II est un domaine que l’on associe peu à Ravel, qui pourtant l’a abondamment fréquenté : c’est la musique populaire. On connaît l’intérêt porté au folklore par de nombreux compositeurs de l’époque. Certes, Ravel n’a pas été un autre Bartok, arpentant les campagnes crayon en main et phonographe en bandoulière. II n’a pas fait un travail d’ethnomusicologue, mais a su spontanément s’adapter à la chanson populaire et la faire sienne sans la trahir. Ses débuts en ce domaine remonteraient à 1895, avec l’harmonisation de douze chants corses (inédits) pour illustrer une conférence. 

C’est pour une conférence de Pierre Aubry sur la “chanson des opprimés” (Grecs et Arméniens, 1904) qu’il doit écrire en trente-six heures l’accompagnement de cinq mélodies populaires grecques, dont deux seulement (Chanson des cueilleuses de lentisques, Quel galant m'est comparable) nous sont parvenues - la partie pianistique des trois autres fut jugée trop sommaire par Ravel pour être conservée.

Deux ans plus tard (1906) son ami’ I’Apache Calvocoressi, qui enseigne à I’Ecole des Hautes Etudes Sociales et sera son traducteur pour ces chansons grecques, fait encore appel à lui : trois autres chansons recueillies sur l’île de Chio par le professeur Hubert Pernot assisté de Paul Le Flem sont harmonisées (Chanson de la mariée, Là-bas, vers l'église, Tout gai!) ; elles forment avec les deux précédentes le recueil intitulé Cinq mélodies populaires grecques écrites entre 1904 et 1906. formant ainsi un recueil de chants traditionnels grecs.  

En 1956, Vladimir Jankélévitch considère que « Ravel commence à se renouveler par l'exotisme et par le folklore […] surtout dans l'harmonisation des Cinq mélodies populaires grecques ».

Le même recueil de chants traditionnels grecs a inspiré la Suite des airs populaires grecs, op. 10 de Maurice Emmanuel pour violon et piano. Le deuxième mouvement de cette suite est construit sur le même chant que la deuxième mélodie de Ravel.

Bastien Rimondi
L'intégrale du concert
Concert Générations France Musique, le live, avec les élèves de Claire Désert au CNSM de Paris
Théâtre de l'Alliance Française
Compositeur·rice
Maurice Ravel
Maurice Ravel