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Edmund Campion : "Losing Touch" par Emmanuel Curt

Durée : 12 minutes

Le percussionniste Emmanuel Curt joue "Losing Touch" composé par Edmund Campion en 1994. Extrait du concert du dimanche 14 janvier 2018 en direct de l'Auditorium de la Maison de la radio (Paris).

Composé en 1994. Créé le 14 janvier 1995 à l’Ircam (Paris) par Vincent Limouzin. Dédié à John Harbison. Publié chez Billaudot.

Edmund J. Campion est né en 1957 au Texas, où il entame ses études avant d’obtenir son doctorat à la Columbia University, dans la classe de Mario Davidovsky. En 1989, il bénéficie d’une bourse pour étudier la composition et l’orchestration au Conservatoire national supérieur de Paris avec Gérard Grisey. Invité par le Tanglewood Music Center en 1992, il reçoit le Paul Fromm Award ; l’année suivante, l’université de Massachusetts lui accorde le Lili Boulanger Memorial Fund Composition Award et, en 1994, il est lauréat de l’académie américaine à Rome. Il se rend de nouveau à Paris pour suivre le cursus de composition et informatique musicale de l’Ircam où est créé Losing Touch en 1995. Par la suite, l’Ircam lui commande d’autres œuvres comme Natural Selection en 1996, le spectacle de danse, vidéo et musique Play-Back pour le festival Agora 1999, Corail en 2001. La même année, Radio France lui commande L’Autre, et en 2009, 600 secondes dans le vieux modèle pour grand ensemble, créé au Festival Présences.

Ayant reçu de nombreuses distinctions (Fondation de France, Fondation Nadia et Lili Boulanger, American Center et prix Charles de l’American Academy of Arts and Letters), il est professeur de musique à l’Université de Berkeley en Californie où il co-dirige le CNMAT (The Center for New Music and AudioTechnologies).

Explorant la relation entre la musique et la nature, à la recherche d’un espace multi-dimentionnel, il décrit ainsi son œuvre : « En composant Losing Touch pour vibraphone solo et bande, j’ai voulu réaliser une sorte d’unité timbrique en dérivant la majorité des sons électroniques de l’analyse et de la resynthèse d’échantillons préenregistrés de vibraphone. Cette démarche incluait la mise au point de vibraphones échantillonnés, ainsi que d’“instruments” hybrides dérivés du vibraphone, obtenus à l’aide du programme “Additive”, développé à l’Ircam. Par exemple, l’un de ces “instruments”, exclusivement réalisé à partir de l’élément « bruit » du son du vibraphone (par filtrage de toutes les fréquences harmoniques), s’opposait à un autre “instrument”, contenant uniquement l’aspect harmonique du son. Aussi, avec l’aide de Marie-Dominique Bonnet, ai-je élaboré un ensemble de cinquante tambours accordés, avec l’aide du logiciel de modélisation physique Modalys (ex Mosaïc).

Pour la seconde partie de mon travail pré-compositionnel, je me suis servi, aidé par Mikhail Malt, du programme PatchWork basé sur Lisp (créé par Michael Laurson et développé à l’Ircam), pour isoler tous les ensembles numériques construits à partir des facteurs du nombre 120. Chacun de ses constituants, lorsqu’on en fait la somme, est égal à l’un des facteurs (c’est à dire : 1 + 2 = 3, ou bien 2 + 5 + 6 + 10 + 12 + 15 + 30 + 40 = 120, etc). Dans cette pièce, ces ensembles numériques fonctionnent en tant que durées. J’ai ensuite utilisé Patchwork pour analyser les données et isoler tous les ensembles dans lesquels les permutations circulaires d’un ensemble donné placées rythmiquement sur une grille temporelle, n’entraînaient pas de tuilage rythmique, si ce n’est avec l’impulsion initiale. Enfin ce programme m’a permis de calquer un champ harmonique prédéfini sur une trame rythmique constituée de ces ensembles.

Bien entendu, toutes ces procédures techniques n’ont en fait été qu’un outil au service de fins purement subjectives. Les ensembles rythmiques et harmoniques ont été conçus comme une alternative ou plutôt un enrichissement des pratiques harmoniques et métriques occidentales et non-occidentales traditionnelles. Ainsi, ici, le temps frappé est défini par la simultanéité rythmique périodique sous-tendant le système. Les canons circulaires qui en résultent ont été conçus pour être spatialisés, rendant ainsi la polyphonie plus évidente et produisant un effet global de matière sculptée, à l’intérieur de l’œuvre.

Sofi Jeannin dirige le Choeur et la Maîtrise de Radio France dans les Chichester Psalms de Bernstein
L'intégrale du concert
Chichester Psalms : concert du Choeur et de la Maîtrise de Radio France
Auditorium de Radio France
Compositeur
Edmund Campion