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Haendel : Le Messie HWV 56

A la tête de son ensemble La Chapelle Harmonique, le chef Valentin Tournet dirige l'oratorio de Haendel. Un Messie durant lequel survint un événement inattendu : le remplacement de l'un des solistes, au pied levé, et pour la seconde partie de l'ouvrage, par la jeune mezzo-soprano Adèle Charvet !

Le Messie est un oratorio, c’est-à-dire une œuvre sacrée composée pour orchestre, solistes et chœur qui raconte une histoire, mais pas question de décors, de costumes ou de jeu d’acteurs, comme à l’opéra. Le sujet de l’œuvre est sacré, il demande donc de la retenue et du recueillement. Conçue comme un triptyque pascal, l’œuvre raconte les grands épisodes de la vie de Jésus. Charles Jennens en a construit le livret en trois parties : Nativité ; Passion et Résurrection ; Rédemption.

La première partie est donc consacrée à l’Annonciation et à la naissance du Christ :
« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné : Il a reçu le pouvoir sur ses épaules, et on lui a donné pour nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père éternel, Prince de paix », et pourtant c’est au moment de Pâques que le Messie a été créé à Dublin : le 13 avril 1742.
Pâques, chez les catholiques, est la commémoration de la résurrection de Jésus-Christ, Jésus a été mis sur la croix, c’est ce qu’on appelle la crucifixion, il est mort, mais il revient à la vie, le fameux jour de Pâques. Ce sont ces épisodes qu’Haendel met en musique dans la deuxième partie du Messie, qui se termine avec le célèbre Alleluya. Puis la troisième et dernière partie quant à elle traite de la rédemption et de la victoire apportée par le Christ. 

L'oeuvre s'imposera peu à peu comme un incontournable événement des périodes de Noël. 

En 1859, pour le centenaire de la mort du compositeur, l’oratorio sera joué avec un effectif pachydermique de 460 instrumentistes et 2 750 choristes ! George Bernard Shaw décrira plus tard : « En Angleterre, Haendel n’est pas un simple compositeur ; c’est une institution. Et qui plus est, une institution sacro-sainte. Lorsqu’on donne Le Messie, au moment où retentit le chœur de l’Hallelujah, l’auditoire se lève, comme s’il était à l’église. » 

Une savoureuse anecdote rapporte en effet que lors de la création londonienne de 1743, lorsque retentit ce célèbre chœur, le roi George II se leva d’enthousiasme et/ou de ferveur religieuse, puis que l’ensemble du public fit de même. De là naquit une tradition encore respectée aujourd’hui, en particulier dans les pays de langue anglaise, consistant à se lever au plus célèbre passage du Messie. Cette tradition des « standers », ceux qui restent debout et sont donc favorables au « raising Hallelujah », s’oppose parfois à celle des « sitters », ceux qui restent assis et renient l’authenticité de cette anecdote, « révélée » bien des années après la création.

Georg Friedrich Haendel
L'intégrale du concert
Le Messie de Georg Friedrich Haendel
Auditorium de la Maison de la Radio,Paris