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Varèse : Ionisation

Durée : 6 minutes

Sous la direction de Pascal Rophé, Franz Michel (piano) et les percussionnistes de l'Orchestre philharmonique de Radio France et de l'Orchestre national de France jouent Ionisation, d'Edgard Varèse.

Dans Ionisation, non plus des machines mais la matière elle-même. À moins que ce soit la machinerie céleste au contact d’un artisan impérieux : « Cela vient d’autres planètes, s’enthousiasme dans son journal la provocante Anaïs Nin, de l’acier de Mars, notes déchirantes, couteaux, scies, bruits de planètes qui tombent, morceaux sifflants à travers des cyclones, déchirant l’espace. Vibrations venues d’endroits que nous ne connaissons pas encore. » Ionisation, c’est l’avenir qui se dessine, celui d’un Art-science rêvé par un compositeur se détournant d’un orchestre prétendument désuet. Plus de hauteurs déterminées sinon celles des pianos percussifs ; à leur place, des sons clairs, moyens ou graves, des intonations dont on ne peut fixer précisément la hauteur ainsi que des sirènes aux intonations variables.

Dédicataire de ce coup d’éclat, Nicolas Slonimsky y devine la forme d’une « sonate-ouverture » ; dans la disparition des tonalités et des mélodies de notes, le timbre et le rythme triomphent. Mûrement choisis en fonction de la nature sonore des instruments, ils se juxtaposent ou se superposent subtilement jusqu’à la fusion. Comme souvent chez Varèse, c’est le son lui-même, son attaque, sa résonance et ses qualités de projection qui envahissent l’auditeur. Il y a dans cette pièce une curieuse nostalgie, celle de sirènes pleurant sur un halo de métallophones. Et quand, dans les dernières mesures, la hauteur déterminée soudainement se ranime, les sombres clusters des pianos laissent présager la conclusion du drame.

Le temps retrouvé : Pascal Rophé dirige Varèse, Schoeller, Scelsi et Maresz
L'intégrale du concert
Le temps retrouvé : Pascal Rophé dirige Varèse, Schoeller, Scelsi et Maresz
Maison de la Radio,Paris
Compositeur
Edgard Varèse
Edgard Varèse