Sessions studio
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Hugo Wolf : Der Genesene an die Hoffnung

Durée : 4 minutes

Le ténor Ronan Caillet et le pianiste Malte Schäfer interprètent "Der Genesene an die Hoffnung" de Hugo Wolf. Extrait de l’émission « Génération France Musique, le live » enregistrée le 14 novembre 2020 au Théâtre de l'Alliance Française et présentée par Clément Rochefort.

Hugo Wolf avait une véritable vénération pour les poèmes d’Eduard Mörike. Parmi les quelque trois cents lieder composés, les cinquante-trois pièces sur des poèmes d’Eduard Mörike, écrites entre le 16 février et le 26 novembre 1888, représentent le cycle le plus important par leur nombre. Depuis l’âge de dix-huit ans, Wolf possédait les œuvres du poète et avait fini par leur attacher un tel prix qu’il confessait en 1886 ne pas pouvoir s’en séparer fût-ce même une heure. Grâce à ces poèmes, écrit encore Hans Jancik, “il s’était enfin trouvé, il avait trouvé son style après avoir longuement erré et cherché”.  Ces lieders sont incontournables pour comprendre l’art subtil et si accompli de celui qui s’imposa comme le dernier des grands maîtres du lied avec piano.

La plupart des poèmes de Mörike, même quand il s’agit de formes rigoureuses comme les sonnets, ne se laissent pas enfermer dans une idée unique. À l’exception de quelques ballades, ils ne comportent pas de message ou d’intrigue univoques, ne sont pas tendus vers un objectif précis. Ils se présentent bien plutôt comme des fragments arrachés à un contexte plus vaste, des instantanés qui laissent deviner plus qu’ils ne montrent. Cette ouverture, ainsi que les sonorités de la langue de Mörike et son art d’évoquer une atmosphère, avaient déjà inspiré plusieurs compositeurs. Mais aucun d’eux, avant ce Viennois d’adoption qu’était Hugo Wolf, ne s’était encore attaqué à tout un cycle de plus de cinquante poèmes dont l’audition intégrale durerait aussi longtemps qu’un drame musical. Car ces cinquante-trois lieder sont bel et bien conçus comme une œuvre d’art totale. 

Wolf les a encadrés d’une introduction et d’un épilogue, tous deux subjectifs. L’“Ode du convalescent à l’espérance” (dont le titre, Der Genesene an die Hoffnung, rappelle le quatuor en la mineur de Beethoven) composé le 6 mars 1888 est aussi un témoignage de gratitude à l’adresse de Mörike, qui avait libéré la créativité de Wolf en lui imprimant une nouvelle direction.

Théotime Langlois de Swarte (violon baroque) et Thomas Dunford (archiluth)
L'intégrale du concert
Concert Générations France Musique, le live, du 14 novembre 2020
Théâtre de l'Alliance Française
Compositeur
Hugo Wolf
Hugo Wolf