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Beethoven : Fantaisie pour piano en sol mineur op. 77 par Elisabeth Leonskaja

Durée : 10 minutes

La pianiste Elisabeth Leonskaja joue la Fantaisie pour piano en sol mineur op.77 de Ludwig van Beethoven. Extrait du concert enregistré mercredi 24 janvier 2018 en direct de l'Auditorium de la Maison de la radio (Paris).

Composée à Vienne en 1809. Dédiée au comte Fanz Brunsvik. Nomenclature : piano seul.

« Il faut exclure les bourgeois de la société des hommes supérieurs, et ici j’en fais partie. » Beethoven

À quelques mois d’intervalle, Beethoven a composé deux fantaisies aussi différentes que possible. La première, et la plus connue, pour piano, orchestre et chœur (opus 80, créée en décembre 1808) offre une progression remarquable du solo au tutti choral, tandis que le propos de la seconde (opus 77), confiée au seul clavier, reste longtemps insaisissable : alternant Adagios méditatifs et Allegros fiévreux – ce qui permet à l’interprète de faire montre de délicatesse autant que de virtuosité.

Commencée en sol mineur, elle finira en si majeur, un motif (qui n’est pas plus significatif a priori que les précédents) faisant alors l’objet de sept variations. Cette Fantaisie, loin de la cohérence de celles de Mozart, se situe dans le prolongement des Fantaisies, sonates et rondos (1779-1787) de Carl Philipp Emmanuel Bach. Musique du ressenti (Empfindsamkeit) plus qu’improvisation, car une improvisation s’ancre sur des motifs propices aux extrapolations tandis que ceux qui se présentent successivement semblent surtout propres à être rejetés, foudroyés par d’implacables gammes descendantes. Leur récurrence et leur violence font de ces gammes l’élément le plus saillant de l’œuvre. Sont-elles à l’image de l’inspiration qui tombe du ciel (parfois bonne et plus souvent mauvaise) ou du trait de plume impitoyable qui raye une page dont l’encre n’est pas encore sèche ? Ou les deux ? Ce trait rageur reviendra à l’extrême fin, mais privé de son pouvoir, muselé. Il y a donc bien là une progression, mais d’atermoiement en atermoiement.

 L'Orchestre philharmonique de Radio France joue Onslow et Beethoven avec Elisabeth Leonskaja
L'intégrale du concert
L'Orchestre philharmonique de Radio France joue Onslow et Beethoven avec Elisabeth Leonskaja
Auditorium de la Maison de la Radio (Paris)