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Helen Grime : Fanfares (création française) (OPRF / Kent Nagano)

Durée : 5 minutes

L'Orchestre Philharmonique de Radio France interprète en création française Fanfares d'Helen Grime. Extrait du concert donné le 15 février 2020 à 20h en l'Auditorium de Radio France à Paris dans le cadre de la 30ème édition du Festival Présences 2020 : George Benjamin, un portrait.

Helen Grime a composé sa première oeuvre pour orchestre, Virga, pour le London Symphony Orchestra il y a un peu plus de dix ans : musique à la luminescence spectrale et au mystère captivant. Elle tire son nom d’un phénomène météorologique, fait de traînées de pluie qui semblent suspendues dans l’air et n’atteignent jamais le sol, car elles s’évaporent auparavant. Maintenant, avec cette composition plus importante, sa pensée passe de la nature à l’art – mais pas complètement, car Woven Space tire son titre d’une structure de Laura Ellen Bacon, dont l’oeuvre, allant bien au-delà de la notion de vannerie, est faite de brindilles de saule frais enroulées dans des formes qui pourraient faire écho à la croissance des plantes ou au débit de l’eau. Par ses choix, à la fois de matière et de structure, Bacon est donc une artiste du naturel, ce qui serait une raison pour Grime de trouver son travail sympathique. Ce que Bacon fait avec des brins d’osier, Grime l’accomplit avec des lignes de notes : elle les façonne en courbes, les équilibre et les tisse.

réalisées pour des lieux extérieurs spécifiques, sont vouées à se désintégrer en quelques années, alors qu’une composition musicale s’affirmera au fil du temps, au fur et à mesure que des performances successives montreront ses forces. Une autre différence est qu’en musique il faut entrelacer espace et temps.

Le premier mouvement, « Fanfares », a été écrit pour le concert d’ouverture de la saison 2017-2018 du London Symphony Orchestra. « Bright, dance-like » est la marque du début, décrivant bien les deux types de musique mis en oeuvre et la façon dont ils interagissent : les bruits métalliques des percussions et les sons précipités des instruments à vent sont entrecoupés, puis combinés avec l’émergence des cordes, de la harpe et du célesta.

Les trompettes et les cors, jusqu’ici principalement en arrière-plan, prennent le dessus et restent présents jusqu’à un point où la musique devient « submergée, distante ». Le cor anglais fixe une ligne qui se mêle à ce qui suit, avec des réminiscences, jusqu’à un retour complet de la brillance dans un mélange des principes musicaux qui ont ouvert le mouvement. Cependant, le final est de nouveau distant.

Paul Griffiths

Kent Nagano
L'intégrale du concert
[Concert filmé] L'Orchestre Philharmonique et les formations vocales de Radio France dirigés par Kent Nagano
Maison de la Radio,Auditorium