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Benjamin Britten : Fanfare for St Edmundsbury

Durée : 4 minutes

Gilles Mercier, Jean-Pierre Odasso et Javier Rossetto (trompette) jouent la Fanfare for St Edmundsbury de Benjamin Britten.

La Fanfare for Saint Edmundsbury s’inscrit dans une tradition qu’on pourrait appeler « fanfare d’ouverture ». Tradition où l’on trouve aussi bien l’épisode qui sert de prologue au ballet La Péri de Paul Dukas que la Fanfare for a New Theatre (1964) de Stravinsky, ou encore, puisque nous sommes dans la Maison de Radio France, la fanfare intitulée Chenonceau d’André Grassi (1963) qui ouvrait autrefois les programmes de l’ORTF. On rappellera aussi qu’à Bayreuth, les spectateurs sont rappelés par une fanfare avant chaque début d’acte. 

Dans tous les cas : un nombre plus ou moins importants d’instruments de cuivre, et une partition qui oscille entre quelques dizaines de secondes et quelques minutes. Il s’agit d’inviter l’auditoire à l’écoute ou d’inaugurer une fête ou un lieu. Britten a écrit sa fanfare à l’occasion d’une célébration qui eut lieu dans la cathédrale de la ville de Bury-St Edmunds, située dans le Suffolk, comté de l’Est de l’Angleterre où se trouve aussi Aldeburgh, ville où Britten fonda en 1948 un festival et où il mourut en 1976. La Fanfare for Saint Edmundsbury fait entendre trois parties de trompette écrites dans une mesure et une tonalité différentes, jouées d’abord séparément, puis simultanément. On obtient ainsi, « comme dans le Stravinsky des Noces, une impression de mélange burlesque, une relative “cacophonie” festive et parodique. Il y a là l’expression de l’antimilitarisme de Britten, mais encore l’héritage des fanfares aigres-douces des symphonies de Mahler », écrit Jacques Amblard. On pourrait citer aussi Charles Ives et son affection pour les superpositions musicales inattendues. 

Il est piquant d’imaginer que les Illuminations du même Britten, que Barbara Hannigan interprétera en compagnie du même Orchestre Philharmonique de Radio France, le 16 juillet prochain, s’ouvrent sur une Fanfare, mais cette fois confiée à des instruments à cordes auxquels le compositeur demande de jouer « quasi trombe », c’est-à-dire « presque comme des trompettes ».

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L'intégrale du concert
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Maison de la Radio,Paris
Compositeur
Benjamin Britten
Benjamin Britten