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Saint-Saëns : Concerto pour piano n°5 en Fa Majeur op 103 "L'Egyptien"

Durée : 36 minutes

L'Orchestre National de France, dirigé par Emmanuel Krivine, joue le Concerto pour piano et orchestre n°5 "L'Egyptien" de Saint-Saëns, avec Bertrand Chamayou. Concert enregistré le 13 septembre 2018 à l'Auditorium de la Maison de la Radio, à Paris.

« On ignore généralement les différentes casquettes deSaint-Saëns, ex-enfant prodige trop souvent considéré comme un musicien académique, écrit la musicologue Anne Foisy ; pianiste et organiste virtuose, compositeur de musique de film, féru d’astronomie et de jardinage, ce grand voyageur, accueilli partout à bras ouverts, était aussi un pionnier : il fut le premier Français à avoir composé un poème symphonique, le premier pianiste à avoir joué l’intégrale des concertos pour piano deMozart, et le premier à avoir remis à l’honneur ce genre complètement délaissé en France, pourtant si prisé par ailleurs ! » 

De 1858 à 1896, Saint-Saëns a ainsi composé cinq concertos pour piano, le dernier ayant été entrepris vingt ans après le Quatrième. Il fut en partie composé à Louxor en 1895, et créé l’année suivante à Paris. Le sous-titre « Égyptien », qu’on lui applique volontiers, s’explique aussi par les motifs orientaux, fort stylisés, qu’y utilise le compositeur. Les trois mouvements se succèdent avec cette maîtrise technique et ce brio qui font de Saint-Saëns, pour certains, un compositeur parnassien. 

On suivra de nouveau Anne Foisy dans le voyage orientaliste que nous propose le musicien : « Le soliste est mis en valeur dès l’Allegro animato initial, où un premier thème foisonnant, aux grands traits virtuoses, s’impose tout de suite ; il contraste avec un deuxième thème beaucoup plus lyrique, mineur, d’une grande tendresse, que l’on réentendra à la toute fin du mouvement, juste avant l’Andante, seul moment “exotique” de l’œuvre. Sa mélodie principale, toute en syncopes et degrés altérés, “est un chant d’amour nubien que j’ai entendu chanter par des bateliers sur le Nil”, dixit le compositeur. Pour ajouter à cette atmosphère mystérieusement orientale, le piano fait entendre des effets sonores très étonnants, évoquant des gongs ou des gamelans. Ce moment de dépaysement s’achève avec des trémolos de cordes, dont le bruissement s’évanouit dans les airs... Le Molto allegro final, étourdissant, sonne comme un mouvement perpétuel effervescent qui se conclut dans un tourbillon “d’octaves crépitantes”, selon Alfred Cortot. »

Bertrand Chamayou
L'intégrale du concert
Brahms, Lalo et Saint-Saëns par Bertrand Chamayou et l'Orchestre national de France
Auditorium de Radio France