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Rachmaninov : Concerto pour piano n°3 en ré mineur op. 30

Durée : 44 minutes

La pianiste Anna Vinnitskaya joue, avec l'Orchestre philharmonique de Radio France placé sous la direction de Mikko Franck, le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov.

« Pour les éléphants » : c’est ainsi que Rachmaninov évoquait en 1928, en présence de Vladimir Horowitz, son Troisième Concerto pour piano, l’une des œuvres les plus virtuoses et les plus exigeantes jamais écrites pour l’instrument. Lors de sa création à New York, le 28 novembre 1909, sous la direction de Walter Damrosch, Rachmaninov, grand pianiste s’il en fut, avait été littéralement épuisé par sa performance. Au public enthousiaste qui réclamait un bis, il avait opposé un refus poli, lui faisant comprendre qu’il n’en avait pas la force. Quant à Josef Hofmann, célèbre pianiste qui était le dédicataire de l’œuvre, il ne l’a jamais joué.

Rachmaninov commençait alors de la plus belle manière une tournée triomphale aux États-Unis, et qui allait durer plusieurs mois. Avec ce concerto d’un lyrisme très romantique, le musicien russe séduisit d’emblée le public américain, bien que les critiques, dans la presse, aient déploré parfois le vague et le flou des formes. Tant il est vrai que, malgré le principe cyclique qui unit les trois mouvements grâce au rappel du premier thème, le concerto donne l’impression d’un discours très libre, soumis au gré de l’inspiration, dans un clair-obscur émotionnel typique du compositeur.

Le premier mouvement, construit sur le moule classique de la forme-sonate, débute par une mélodie créée de toutes pièces : Rachmaninov a nié toute influence religieuse ou populaire dans le premier thème, simple et fluide, facilement mémorisable, qui contraste avec un second thème plus incisif et plus rythmé. Développant ce matériau en le parant d’une orchestration et d’une harmonie raffinées, Rachmaninov exige du pianiste une maîtrise totale du clavier. Les morceaux de bravoure et les moments élégiaques se succèdent jusqu’à la cadence, éprouvante, monumentale, d’une extrême difficulté, avant que tout ne s’éteigne dans une brève coda. L’intermezzo, un Adagio très expressif, adopte la forme thème et variations, et la partie centrale, un scherzo, met en lumière le piano dans des traits véloces et scintillants. Le concerto s’achève par un finale brillant, sur un rythme de chevauchée ; il offre l’occasion au soliste de déployer de nouveau toute l’étendue de sa technique jusqu’à une conclusion éclatante.

Structure

  1. Allegro ma non troppo
  2. Intermezzo : Adagio
  3. Finale : Alla breve
Mikko Franck
L'intégrale du concert
Mikko Franck dirige Debussy, Camille Pépin et Rachmaninov
Maison de la Radio,Paris