Concerts
Concert

Rachmaninov : Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol mineur op 40

Durée : 33 minutes

Le pianiste Simon Trpceski joue, avec l'Orchestre national de France placé sous la direction de Cristian Măcelaru, le Concerto pour piano et orchestre n°4, composé en 1926-27 par Rachmaninov. Extrait du concert donné le 22 avril à la Maison de la Radio.

Structure

  1. Allegro vivace 
  2. Largo 
  3. Allegro vivace

Pour citer une idée un peu rapide, la musique russe, comme la littérature russe d’ailleurs, est déchirée entre deux tendances : l’occidentalisme et la slavophilie, deux conceptions du monde qui se partagent ce qu’on appelle l’âme russe, si tant est que l’expression ait un sens.

Certains musiciens russes comme Moussorgski ou plus encore Borodine, qui éprouvèrent bien des difficultés à achever leurs partitions, pourraient illustrer ce commentaire. D’autres, comme Rachmaninov, durent batailler au contraire, et avec la plus grande constance, pour se faire reconnaître. Attiré par la musique, Rachmaninov fut contraint d’embrasser la carrière militaire pour satisfaire aux exigences familiales. C’est la ruine de sa famille qui mit un terme à ce projet et lui permit de se lancer dans la musique.

Pianiste virtuose, Rachmaninov a laissé une œuvre souvent mal considérée et dont on dénonce hâtivement le sentimentalisme. Les Vêpres ou les Danses symphoniques nous montrent au contraire un musicien profond et inventif. Quant à ses quatre concertos, ils ont été abondamment cités par le cinéma et la télévision (le Deuxième en particulier), ce qui n’interdit pas de les écouter avec attention.

Le Quatrième et dernier fut créé par Rachmaninov lui-même à Philadelphie, le 18 mars 1927, sous la direction de Leopold Stokowski. À cette époque, Rachmaninov a fui la Révolution russe, s’est réfugié en Europe et effectue des tournées de concert régulières aux États-Unis, où il finira par s’installer en 1935. En 1941, il révisera sa partition, qui n’avait pas été accueillie favorablement quatorze ans plus tôt, mais n’en gommera pas les aspérités, qui en font un concerto plus énergique, voire plus brutal, que les trois précédents.

Le premier mouvement, ainsi, peut surprendre avec son mélange d’enthousiasme, de rudesse et de lyrisme, alors que le deuxième, qui cite la chanson anglaise Three Blind Mice, est un modèle de concentration. Le finale, qui fut le plus retouché en 1941, retrouve l’ambiance et la véhémence du premier Allegro.

Roussel, Rachmaninov et Prokofiev par l'Orchestre national de France
L'intégrale du concert
Roussel, Rachmaninov et Prokofiev par l'Orchestre national de France
Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique
Compositeur·rice
Sergueï Rachmaninov
Sergueï Rachmaninov