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Stravinsky : Concerto en ré majeur

Durée : 13 minutes

Sous la direction de Barbara Hannigan, l'Orchestre philharmonique de Radio France joue le Concerto en ré majeur d'Igor Stravinsky.

Quinze ans après avoir composé un Concerto en ré majeur pour violon et orchestre, Stravinsky se lance dans un nouveau Concerto en ré, mais cette fois dans l’esprit du XVIIIe siècle, sans soliste. L’œuvre lui a été commandée par Paul Sacher pour fêter les vingt ans de l’Orchestre de chambre de Bâle : on ne dira jamais assez l’importance de celui qui fut peut-être le plus généreux et le plus perspicace des mécènes du XXe  siècle. Le concerto sera créé, sous la direction de son commanditaire, en compagnie de la Toccata e due canzoni de Martinů et de la Symphonie n° 4 d’Honegger, deux œuvres également commandées par Sacher

Expression d’un néo-classicisme tardif, comme l’explique Marianne Frippiat, ce concerto « retourne aux proportions du Dumbarton Oaks de 1938, inspiré par les concertos brandebourgeois de Bach. Les mouvements extrêmes isolent volontiers des solistes de l’ensemble du quintette des cordes. La division des pupitres accroit le raffinement sonore. »

Le Vivace initial est porté à la fois par une belle énergie et une bonne humeur que rien ne semble pouvoir entamer, malgré un passage constant du mode majeur au mode mineur. Le bref et prodigieux finale a tout, au contraire, d’un mouvement perpétuel angoissé, pris dans une dynamique d’autant plus menaçante qu’elle est contenue. Entre les deux, l’Arioso, comme son nom l’indique, n’est pas une splendide aria mais une espèce de mouvement lent désabusé qui fait s’emmêler le chant des premiers violons et des violoncelles.

« Stravinsky avec son humour très froid, presque cruel, aura aimé perdre en chemin ses auditeurs, écrit Gil Pressnitzer. Du sauvage du Sacre du printemps qui mettait ses doigts dans le nez de la musique, à cette musique en perruque, il y a de quoi s’égarer. (…) Il lance un bâton de musique et il s’amuse de voir tous les chiens fous de ses suiveurs et copieurs s’en emparer. » Mais justement : si le Concerto en ré porte une perruque, Stravinsky l’a volontairement posée de guingois sur sa partition.

Structure

  1. Vivace
  2. Arioso (Andante)
  3. Rondo
Le temps retrouvé : Barbara Hannigan dirige Haydn, Britten, Stravinsky
L'intégrale du concert
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Maison de la Radio,Paris
Compositeur
Igor Stravinsky
Igor Stravinsky