Concerts
Concert

Philippe Schoeller : Archaos Infinita I & II

Sous la direction de Pascal Rophé, les percussionnistes de l'Orchestre national de France et de l'Orchestre philharmonique de Radio France jouent Archaos Infinita I & II, de Philippe Schoeller.

« Puis l’on quitte ce festin pour revenir calmement aux propositions initiales plus longuement et distinctement alors à percevoir », écrit poétiquement Philippe Schoeller. Est-ce un hasard s’il use de la même métaphore que Yan Maresz quand il parle de percussions, trois ans avant de s’adresser aux jeunes élèves de Michel Cerruti ?

À l’origine d’Archos infinita I & II, un premier cycle projeté en 2003 à l’intention des Percussions de Strasbourg, en réaction à l’écoute du Noir de l’étoile de Gérard Grisey. Aux côtés des percussions, non seulement l’électronique mais aussi le désir d’un instrument inédit, le « granular glass harmonica » faisant entendre le sable pleuvant sur du cristal. Trois ans plus tard, le compositeur imagine alors deux pièces inextricablement liées l’une à l’autre. La première « touche la matière du silence comme une réalité exacte, comme l’on touche l’air ou le feu » ; la deuxième, « la vitesse, ses variations par le défilement et la mise en boucle du temps ». Cette dialectique naît d’un simple constat : le silence permet d’« éprouver une vitesse, un défilement » ; écouter le son comme le silence réclame de se taire. Toutefois, le sonore seul peut révéler le silence. D’un côté donc, de brèves cellules allant du ppp au ppppp, le plus souvent réduites au silence par un decrescendo dal niente ; de l’autre, des boucles répétitives patiemment variées, de sorte qu’à la vitesse est associée une évolution très lente

Les percussions, précise Philippe Schœller, « ouvrent l’espace sonore, une alchimie acoustique dont les limites sont infinies. Cela tient d’ailleurs au fait que, comme les enfants le montrent si bien, tout objet peut devenir corps sonore, donc musique. L’écoute perçoit alors ce qui, dans l’objet touché, tapé, effleuré, parle alors, évoque, forme une image, dès lors que les mains touchent le monde pour le faire vibrer. » Et les percussions de réveiller le monde grâce au temps retrouvé.

Le temps retrouvé : Pascal Rophé dirige Varèse, Schoeller, Scelsi et Maresz
L'intégrale du concert
Le temps retrouvé : Pascal Rophé dirige Varèse, Schoeller, Scelsi et Maresz
Maison de la Radio,Paris
Compositeur
Philippe Schoeller
Philippe Schoeller