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Barber : Adagio pour cordes

Durée : 7 minutes

Placé sous la direction du chef Cristian Măcelaru, l'Orchestre national de France joue l’Adagio de Samuel Barber. Enregistré le 23 juillet 2020 à l'Auditorium de la Maison de la Radio, lors du festival "Le temps retrouvé".

Né en 1910 dans la petite ville de West Chester en Pennsylvanie, à trente kilomètres à l’ouest de Philadelphie, Samuel Barber était le fils d’un médecin et d’une pianiste ; la famille de celle-ci comptait également une chanteuse du Metropolitan Opera de New York, et un compositeur de mélodies. Tous deux veilleront sur son éducation musicale. Initié au piano dès l’âge de six ans, Barber écrivit sa première oeuvre l’année suivante, et décida à neuf ans de devenir compositeur professionnel. Formé tout d’abord dans sa ville natale, il intégra le renommé Curtis Institute de Philadelphie, dont il sera l’un des professeurs. Il y suivit les cours de composition de Rosario Scalero qui enseignera plus tard à Nino Rota. C’est dans la classe de Scalero que Barber rencontra celui qui allait devenir son conjoint, le compositeur Gian Carlo Menotti. Récompensé d’un prix par la Columbia University en 1928 pour sa Sonate pour violon et piano, Barber put entendre sa musique jouée par des interprètes de premier plan, comme ceux de l’Orchestre de Philadelphie ou de l’Orchestre de Cleveland. Lauréat du Prix de Rome américain, il reçut une bourse lui permettant de séjourner aussitôt en Europe en 1936-1937.

C’est près de Salzbourg que Samuel Barber écrivit en 1936 son Quatuor à cordes opus 11 : l’orchestration du deuxième mouvement (Molto adagio) de ce quatuor allait devenir son oeuvre la plus célèbre. Âgé de vingt-six ans, et parcourant alors l’Europe avec Menotti, Barber fut sollicité l’année suivante par le chef d’orchestre Arturo Toscanini qui souhaitait programmer de la musique américaine. Barber décida alors d’adapter pour un orchestre à cordes son Adagio. Le maestro renvoya sans commentaire le manuscrit, mais expliqua en 1938 à Menotti qu’il avait bien l’intention de le diriger ; ce qu’il fit à la tête de son orchestre de la radio new-yorkaise NBC, le 5 novembre 1938, début de la formidable postérité de cette élégie funèbre. On joua notamment cet Adagio pour cordes à l’occasion des funérailles du président Franklin D. Roosevelt en 1945, et Leonard Bernstein le dirigea à New York en février 1981 pour celles de Samuel Barber. Cinq années plus tard, le réalisateur Oliver Stone en fit le support musical des poignantes images de son film Platoon, sur la guerre du Vietnam.

François-Xavier Szymczak

Le temps retrouvé : Cristian Măcelaru dirige Bizet et Barber
L'intégrale du concert
Le temps retrouvé : Cristian Măcelaru dirige Bizet et Barber
Maison de la Radio,Paris
Compositeur
Samuel Barber
Samuel Barber