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Rihm, Dufourt, Stockhausen et Matalon - Festival Présences 2019 - Concert d'ouverture

Martin Matalon, Bertrand Chamayou, Vanessa Benelli Mosell, Sébastien Vichard, Adélaïde Ferrière, Florent Jodelet, et Eve Payeur interprètent des oeuvres de Wolfgang Rihm, Hugues Dufourt, Karlheinz Stockhausen, Martin Matalon, le 12 février 2019 à l'Auditorium de la Maison de la Radio.

Maison de la Radio, Auditorium

Toutes les oeuvres

L'équipe du festival Présences 2019 a fait le pari ambitieux de concevoir un programme d'ouverture autour d'une nouvelle oeuvre, Atomization, Loop & Freeze de Martin Matalon, et une oeuvre pour piano solo de Wolfgang Rihm, qui inaugure la soirée. Deux œuvres pour percussions et piano de Dufourt et Stockhausen complètent le programme. 

Programme du concert

Wolfgang Rihm
Klavierstück No.5 'Tombeau'

Hugues Dufourt
L'Éclair d'après Rimbaud

Karlheinz Stockhausen
Refrain op.11, pour trois instrumentistes

Martin Matalon
Atomization, Loop & Freeze pour trois pianos et trois percussions

Ayant suivi l'enseignement de Stockhausen, inspiré par la seconde Ecole de Vienne, Schönberg en tête, puis marqué par la musique de Lachenmann ou Nono, Wolfgang Rihm revendique cependant une liberté d'expression musicale qu'il admire chez Debussy. Compositeur contemporain prolifique, auteur de quasiment 400 opus, dont ses opéras Jakob Lenz, die Hamletmaschine et Oedipus, il se nourrit également de ses nombreuses lectures et de son amour pour la peinture qui l'ont poussé à créer.

L’Éclair : une explosion violente, une illumination, une lumière grondante, un feu dévorant. Tiré d’Une saison en enfer, L’Éclair est un poème en prose que Rimbaud écrivit en 1873, à la suite de sa rupture avec Verlaine. Doutes, sarcasmes, exclamations, revirements, cris de révolte peuplent un abîme intérieur. « Ma vie est usée. » Deux pianos, deux percussions illustrent L’Éclair. La virtuosité pianistique y est, comme il se doit, infernale, secouée de soubresauts et repliée sur elle-même. Tout de même elle avance selon une logique d’enchevêtrements, jusqu’au silence anormal de la fin. Les soubassements harmoniques sont tirés de nombreux spectres de métaux : la logique harmonique elle aussi progresse. Les percussions sont purement affairées aux métaux, ce ne sont que jaillissements et bruits d’entaille.

La pièce de Stockhausen, Refrain opus 11, est constituée d’une texture sonore ample et calme, perturbée six fois par un bref refrain. Ce dernier contient à chaque fois des glissandi et des clusters, des trilles, des basses (au piano) et de courts fragments de mélodie, autant d’éléments qui n’apparaissent pas dans les autres passages de la forme générale. Les musiciens choisissant eux-mêmes les endroits où un refrain est joué, ces endroits peuvent donc varier d’une exécution à l’autre.

Martin Matalon à propos de sa création Atomization, Loop & Freeze : "Si la formation pour trois pianos et trois percussions qui m’a été proposée, est rare, elle offre néanmoins une grande richesse de possibilités pour ce qui est des matières, couleurs, articulations… Elle permet une profusion sonore et des potentialités rythmiques extraordinaires. Dans les sept sections qui forment Atomization, Loop & Freeze, plusieurs plans formels se superposent : ils représentent les problématiques et préoccupations récurrentes de mon travail de ces dernières années. Chaque section se caractérise en effet par une articulation temporelle définie : pulsation, pulsation atomisée, pulsation fantôme, flux aléatoire, flux structuré et temps flottant. Par le traitement de la ligne : ligne fragile et entrecoupée, ligne-matière, ligne atomisée, ligne-masse, ligne-flottante."