VIDEO - Judy Garland, renaissances d'une star

Enfant-star, chanteuse, actrice dramatique, performeuse... Tout au long de sa carrière, Judy Garland n'a eu de cesse de se réinventer et d'échapper aux carcans qu'on lui voulait lui imposer.

VIDEO - Judy Garland, renaissances d'une star
Les mille et une vies de Judy Garland, © Getty / Bettmann

Des débuts précoces

Judy Garland monte sur scène pour la première fois à l’âge de trois ans. Ses parents veulent faire de leurs trois filles des enfants stars, à l’image de Shirley Temple ou Jackie Cooper. 

Elle signe son premier contrat avec la MGM à treize ans et rencontre un premier succès avec la série de films Andy Hardy aux côtés de Mickey Rooney. La nouvelle «petite fiancée de l’Amérique » obtient son premier et unique « Juvenile Oscar » partagé avec son partenaire de grand écran.

Mais ce statut d'enfant star a des revers.  Sa mère et les studios MGM lui en demandent de plus en plus pour qu’elle corresponde à l’enfant parfaite : faire des régimes, porter des prothèses pour améliorer sa dentition et la forme de son visage… Louis B. Mayer la surnomme cruellement « la petite bossue ». Ces multiples pressions associées à un rythme de travail très intense la plongent dans une première dépression à l’adolescence, elle devient également dépendante aux barbituriques qu'on lui donne pour être toujours plus performante. 

Victor Fleming la choisit pour interpréter Dorothy dans Le Magicien d’Oz ; Georges Cukor, le réalisateur, privilégie le côté naturel de la jeune actrice : il lui enlève sa perruque blonde, il met en avant sa fraîcheur et bien sûr sa voix. 

Cette comédie musicale remporte tous les succès et reste une référence internationale : « Chaque enfant voulait être Dorothée » raconte la chanteuse et actrice Diana Ross, qui reprendra le rôle dans The Wiz de Sidney Lumet. 

Lors du tournage du Magicien d’Oz, elle incarne une petite fille  alors qu'elle a dix-sept ans. Les studios essaient de faire d'elle une enfant éternelle, lui font porter des vêtements d'enfant et vont jusqu’à lui bander les seins.

Vers des rôles plus matures

Judy Garland s'émancipe de son statut d'enfant star en devenant une actrice dramatique : « Le premier film où elle va être une 'vraie' femme, c'est avec Gene Kelly dans For me and my gal. Elle ne va rêver que de cela, de pouvoir arrêter d'incarner l'éternelle adolescente. Elle essayait à chaque fois de sortir du carcan où les studios essayaient de la mettre » précise Laurent Valière, producteur de 42e rue. 

C'est avec Le Chant du Missouri qu'elle va se trouver belle. Le réalisateur Vincente Minnelli la magnifie dans trois autres films : L’Horloge, Ziegfield Follies et Le Pirate

Ils se marient et ont une fille, Liza Minnelli.

J’ai dirigé Liza comme si elle n’était pas fille et Judy Garland comme si ce n’était pas ma femme. Ce sont d’abord des très bonnes actrices que je respecte. - Vincente Minnelli  

En 1951, épuisée par des années de travail intensif et par les abus de barbituriques, elle  multiplie les retards et les sautes d'humeur. Elle se fait renvoyer par les studios MGM. Elle a alors 28 ans. 

Une nouvelle carrière sur scène

A nouveau, Judy Garland se réinvente et se tourne vers une carrière de chanteuse et performeuse. « Ce qui l'a fait rêver, c'est le music-hall, c'est New-York, c'est chanter sur scène » souligne Laurent Valière.

Avec le soutien de Sidney Luft, son nouveau mari et producteur, elle conquiert Broadway et démontre qu’en plus d’être une chanteuse hors-pair, elle est une brillante performeuse. Il va la faire revenir au cinéma avec Une étoile est née de Georges Cukor : « C'est l'histoire d'une vedette de cinéma, alcoolique, un peu sur le déclin qui découvre une jeune fille dans un club de jazz et qui perçoit en elle (...) une future star. Au fur et à mesure que lui sombre dans l'alcoolisme, qu'ils tombent amoureux, elle émerge et devient une grande vedette » résume Laurent Valière.

C'était très intéressant de tourner Une étoile est née car elle n'avait jamais eu de rôles dramatiques comme cela avant. Elle n'avait jamais pleuré, elle n'avait interprété que des rôles de petites filles. C'était saisissant pour moi d'assister à cela, à cette naissance. C'est une merveilleuse actrice - Georges Cukor

Mais ce chef-d'œuvre ne signe pas son retour au cinéma, elle se concentre donc sur les concerts. Elle multiplie les tournées : Etats-Unis, Angleterre, France... Lors de sa tournée à Paris, elle restait trois à quatre heures sur scène, elle revenait une dizaine de fois, parfois en robe de chambre raconte Michel Perez, critique de cinéma.

En 1961, elle donne un concert mythique à Carnegie Hall, ainsi que le raconte Laurent Valière : « Ce qui est très impressionnant avec Judy Garland, c'est lorsqu'elle chante, elle est sans filtre. Ses émotions passent vraiment 'à travers', c'est comme si elle jouait sa vie sur scène. »

En 1963, Judy Garland s’attaque au monde de la télévision en animant une émission hebdomadaire, The Judy Garland Show. Elle reçoit des stars, Mickey Rooney, Barbra Streisand, sa fille, Liza Minnelli, et chantent avec eux accompagnée d'un orchestre. Mais le show n'est pas renouvelé l'année suivante.

En 1969, elle meurt d’une overdose de barbituriques.