Douce Nuit (Silent Night) : histoire d’un tube de Noël

La magie de Noël n’existerait pas sans la musique... et surtout sans le fameux Douce Nuit, traduit dans plus d’une centaine de langues. Ce chant de Noël a été joué pour la première fois en 1818 dans une petite église autrichienne.

Douce Nuit (Silent Night) : histoire d’un tube de Noël
La chapelle construite en mémoire de la composition de Douce Nuit dans la ville d'Oberndorf en Autriche. , © Getty / Johannes Simon

Il devait faire froid cette nuit-là dans la petite ville d’Oberndorf en Autriche. Située à une vingtaine de kilomètres de Salzbourg, c’est dans l’église Saint-Nicolas que le soir du 24 décembre 1818, les habitants ont entendu pour la première fois Douce Nuit

Aujourd’hui ce lieu emblématique de la création d’un des plus populaires chants de Noël n’existe plus. L’église a été abîmée en 1899 lors d’une crue, puis démolie avant d’être remplacée de manière symbolique au début du XXe siècle par une chapelle octogonale dans laquelle se pressent les touristes. 

La vraie histoire derrière la légende

L’histoire de ce chant est belle comme un conte de Noël, avec sa dose de légendes et de romanesque… Elle remonte à 1816, soit deux ans avant la création de Douce Nuit, débute dans ce petit village autrichien et met en scène deux protagonistes : Joseph Mohr et Franz Xaver Gruber.

Le premier est prêtre de l’église Saint-Nicolas, le second instituteur dans le village voisin d’Arnsdorf et organiste de cette même église. Une légende raconte que la mélodie a été créée la veille de Noël parce que l’orgue ne fonctionnait plus… En solution de replis, les deux hommes se seraient mis à écrire et composer Douce Nuit, chanté et accompagné le lendemain à la guitare.

Le manuscrit de Douce Nuit.
Le manuscrit de Douce Nuit., © Getty / Imagno

Deux voix, un chœur et une guitare

La vraie histoire est moins romanesque. Le texte a été imaginé par Joseph Mohr quand il était encore dans la ville de Mariapfarr en Autriche. Un manuscrit retrouvé en 1995, atteste que les paroles ont été couchées sur le papier en 1816. L’année suivante, le prêtre est envoyé dans la ville d’Oberndorf et rencontre l’organiste. Il lui présente le poème et lui demande s’il peut composer une musique pour deux voix solistes, un chœur et une guitare. Franz Xaver Gruber s’exécute et écrit une musique qui deviendra l’un des plus populaires chants de Noël. 

Un bouche à oreille efficace se met en place dans le pays et en 1866, une première édition de Douce Nuit est publiée par le libraire allemand August Robert Friese. Pendant longtemps, ce chant populaire a été attribué à de grands compositeurs : Mozart, Haydn, Beethoven… jusqu’à ce qu’on remonte le fil de son histoire et que l’on retrouve le manuscrit. 

Source infinie d'inspirations diverses

Aujourd’hui, Douce Nuit est traduit dans plus de 300 langues et dialectes, et a été enregistré par de nombreuses stars… Dalida, Gérard Lenorman, Céline Dion ou Roch Voisine pour sa version française. Nat King Cole ou Mariah Carey, côté anglophones… On retrouve aussi ce chant au cinéma, notamment dans le film français Joyeux Noël, sorti en 2005, qui retrace la trêve hivernale, en pleine période de Noël, des soldats allemands, français et écossais en plein Première Guerre mondiale. Les trois camps partagent un moment de communion autour de chants de Noël traditionnels, une histoire vraie dans laquelle le Douce Nuit que l’on entend est interprété par Rolando Villazon

Ce film a inspiré un opéra, Silent Night, dont la première a eu lieu en 2011. Le compositeur américain, Kevin Matthew Puts, a reçu le Prix Pulitzer pour cette oeuvre, qui était son premier opéra. 

Douce Nuit résonne dans d’autres films et d’autres créations, mais vous pouvez aussi contribuer à faire résonner ce traditionnel chant de Noël : la Philharmonie de Paris a mis en ligne un tutoriel pour apprendre cette musique à trois voix, c’est à vous de participer à la magie de Noël.