Disparition de Léo Marjane, vedette de la chanson française, à l’âge de 104 ans

Doyenne de la chanson française, Léo Marjane est morte ce dimanche 18 décembre à l’âge de 104 ans. Vedette dans les années 1940, elle a contribué à l’introduction du jazz en France.

Disparition de Léo Marjane, vedette de la chanson française, à l’âge de 104 ans
Léo Marjane, doyenne de la chanson française, s'est éteinte à l'âge de 104 ans, © AFP / Bertrand Guay

A 104 ans, elle était la doyenne de la chanson française. Léo Marjane, vedette ayant connu ses heures de gloire dans les années 1940 s’est éteinte ce dimanche 18 décembre à son domicile de Barbizon. Née Thérèse Gendebien, Léo Marjane a enregistré plus de 180 chansons entre les années 30 et 50.

« Il est des voix qui vous envoûtent et dont il est difficile de se détacher » déclare à son sujet Martin Pénet, chroniqueur de France Musique qui lui avait consacré une émission en 2002. Dès les années 30, elle est l’une des premières françaises à reprendre des succès américains ce qui avait constitué une « petite révolution dans le monde de la chanson française » poursuit Martin Pénet.

Elle s’impose rapidement et est programmée dans tous les lieux à la mode : Bobino, à l’ABC, chez O’Dett ou encore au Shéhérazade. Son premier succès, La Chapelle au clair de lune sort en 1937 et elle est diffusée partout dans une France qui va connaître l’occupation. A l’époque, sa renommée est telle qu’elle est « à peine concurrencée par Edith Piaf » précise Martin Pénet. Elle part ensuite pour les Etats-Unis où elle sillonnera le pays pendant 5 ans et sera l’une des rares françaises à interpréter des morceaux des grands compositeurs américains comme Cole Porter ou Duke Ellington.

« Je peux dire que j'ai introduit le jazz en France. Dans les années 30, nous étions, Jean Sablon, Jacqueline François et moi, les trois artistes français qui venions chaque année chanter aux Etats-Unis, où chaque hôtel avait son cabaret », racontait-elle dans un entretien au Point en 2012.

Elle rentre s’installer en France en 1941 pendant la guerre et devient la vedette incontestée de cette période avec le titre Seule ce soir, une chanson qui évoque les femmes françaises dont le mari était prisonnier de guerre. Un succès qui ne sera pas bien vu à la Libération puisqu’il lui est reproché de s’être produite dans des cabarets fréquentés par des officiers allemands ainsi qu’à Radio-Paris. Elle sera jugée puis acquittée. Elle décide alors de s’exiler et retourne s’installer aux Etats-Unis.

« C’est en Amérique durant la première moitié des années 1950, qu’elle vit selon ses dires sa plus belle période, au contact des stars d’Hollywood, des caméras de télévision » explique Martin Pénet. Elle retourne s’installer en France et aborde un répertoire plus réaliste en chantant des titres de Ferré, Bécaud ou Aznavour. Mais elle estime ne plus avoir vraiment sa place dans le paysage musical français des années 60. Elle tente en 1969 un ultime retour mais qui ne convaincra pas le public. Elle décide alors de se retirer et, avec son mari le baron Charles de Ladoucette épousé en 1948, elle s’installe à Barbizon, près de Fontainebleau où elle élevait des chevaux.

Avec AFP