Yvette Horner, la reine de l'accordéon, s'éteint à 95 ans

La célèbre accordéoniste et reine des bals populaires Yvette Horner est décédée lundi à l'âge de 95 ans à Courbevoie. Elle avait chanté en public pour la dernière fois en 2011, après 64 années de carrière.

Yvette Horner, la reine de l'accordéon, s'éteint à 95 ans
Yvette Horner, © AFP / ERIC MALOT

Yvette Horner, star de l’accordéon qui aurait eu 96 ans le 22 septembre, est décédé lundi 11 juin à Courbevoie a annoncé son agent à l’Agence France Presse. France Musique lui rend hommage dès ce mardi 12 juin dans Musique Matin avec Saskia de Ville, dans Allegretto, avec Denisa Kerschova, ainsi que dans le Classic Club de Lionel Esparza à 22h, en compagnie de l'accordéoniste Pascal Contet. Samedi 16 juin, Benoît Duteurtre rendra également hommage à Yvette Horner dans son émission Étonnez-moi Benoît

Benoît Duteurtre avait d'ailleurs invité Yvette Horner dans son émission le 3 février 2007, une archive à réécouter ci-dessous :

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Etonnez-moi Benoît : Yvette Horner, opérette et musique légère (03/02/2007)

« Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie », a commenté Jean-Pierre Brun. Yvette Horner avait démarré sa carrière en 1947 et a donné son dernier concert en 2011. Son agent ajoute qu’elle avait « enregistré au cours de sa carrière plus de 300 albums » et a vendu plusieurs dizaines de millions de disques.

Née à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 22 septembre 1922, elle étudie le piano avant de se mettre à l'accordéon : « Quand mes parents m'ont demandé de laisser les études classiques et d'apprendre l'accordéon, j'ai pleuré pendant trois ans », raconte la jeune femme dans une vidéo d'archive de l'INA. « Il était impossible pour moi d'entendre une note de piano à la radio, c'était un effondrement. J'avais perdu un amour cher, qui est toujours dans mon cœur ».  Mais la musicienne se montre particulièrement brillante avec son nouvel instrument et en 1948, elle devient la première femme à remporter la Coupe du monde d'accordéon.

Trois ans plus tard, Yvette Horner forme son orchestre et commence ses premières tournées. Elle devient populaire notamment grâce au Tour de France dont elle est la mascotte. Pendant onze ans, elle apparaîtra sur le toit d'une voiture publicitaire de la caravane, jouant de l'accordéon sous les acclamations du public.

A la fin des années 1980, après le décès de son mari, elle change de style vestimentaire sous la houlette de Jean Paul Gaultier. Elle troque alors sa chevelure noire pour un roux flamboyant, adopte des tenues extravagantes et redevient à la mode. 

« Icone populaire, elle a su, à travers les décennies, transmettre son amour de la musique. Sa virtuosité a été reconnue par toutes les générations, et par les artistes de renom qu'elle a toujours inspirés », a salué la ministre de la Culture Françoise Nyssen sur Twitter.

Yvette Horner a eu droit aux honneurs de la République plusieurs fois dans sa vie. François Mitterrand l'avait fait chevalier de Légion d'honneur. Puis sous Jacques Chirac, elle est élevée au rang d'officier et sous Nicolas Sarkozy, de commandeur.

Après l’annonce de son décès, plusieurs responsables politiques lui ont rendu hommage. « Yvette Horner nous quitte mais reste au Panthéon de la musique française », a salué sur Twitter la maire de Lille, Martine Aubry.

« à cheval entre le savant et le populaire »

En 1999, Yvette Horner interprète la Fée marraine dans le Casse Noisette de Maurice Béjart à Lausanne. Le chorégraphe apprécie la position « à cheval entre le savant et le populaire » de l'accordéoniste. En effet, la carrière d'Yvette Horner fut ponctuée de petits pas vers la musique dite savante.

Le grand pianiste Samson François, qui admire Yvette Horner, compose pour elle la valse Perle de mai. Passionnée par la musique classique, elle s'ouvrit également au jazz, collaborant notamment avec le trompettiste Jac Berrocal.

avec AFP