Yannick Nézet-Séguin appelle Joe Biden à nommer un secrétaire pour sauver les arts

Dans une lettre publiée sur Twitter mardi 19 janvier, le chef d'orchestre exhorte le nouveau président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris à agir au plus vite pour sauver la culture, poussée au bord du précipice par la pandémie.

Yannick Nézet-Séguin appelle Joe Biden à nommer un secrétaire pour sauver les arts
Yannick Nézet-Séguin appelle Joe Biden à nommer un secrétaire pour sauver les arts, © Getty

« J'exhorte votre administration à privilégier les arts pour le bien de ce pays, pour tous les Américains ». Si les mots sont respectueux, l'invitation n'en est pas moins appuyée. Touché de plein fouet par l'épidémie de Covid-19, et jusque là ignoré du pouvoir fédéral, le milieu culturel est au bord du précipice. C'est ce qui a poussé Yannick Nézet-Séguin, directeur musical de l'orchestre de Philadelphie et du Metropolitan Opera de New York, à publier une lettre sur les réseaux sociaux, afin que le nouveau président, dont l'investiture se déroulait ce mercredi 20 janvier, prenne des « dispositions immédiates ».  

Dépendant quasi-essentiellement des financements privés (mécénat, billetterie...), les institutions musicales, et bien sûr les artistes qui travaillent pour elles, sont dans une situation catastrophique après plusieurs mois de fermeture, et peu de perspectives de reprise. L'image du désarroi des musiciens du Metropolitan Opera, qui ne sont plus payés depuis avril 2020, ne laisse qu'entrevoir la détresse dans laquelle se trouvent orchestres et maisons moins prestigieux. « Les artistes ont besoin d'une aide financière pour continuer à créer, les institutions artistiques américaines en ont besoin pour survivre » souligne Yannick Nézet-Séguin. Lui-même a porté la main à la poche en appairant chaque don aux musiciens du Met à hauteur de 50 000 euros.       

Yannick Nézet-Séguin demande finalement au nouveau président des Etats-Unis de nommer dans son administration un « champion » dédié aux arts et à la culture. En somme, opérer un virage à 180 degrés après la présidence de Donald Trump. Ce dernier n'hésitait pas à qualifier les agences de financement de la culture comme des « dépenses inutiles »  et a souhaité supprimer la Fondation nationale pour les Arts (la NEA évoquée par Yannick Nézet-Séguin dans sa lettre) du budget fédéral. Comme la suppression de l'institut pour les musées et les bibliothèques et l'audiovisuel public, ce souhait a toutefois été rejeté par le congrès américain.