Une tempête de musique classique !

Les tourments du ciel ont souvent inspiré les compositeurs : voici la playlist ultime pour affronter vent, pluie et grêle, le tout à armes égales.

Une tempête de musique classique !
Détail de la toile "The Slave Ship" de William Turner

Quelle chaleur en ce mois de juillet ! Attendre la pluie ne suffit plus, réveiller la tempête devient salutaire. Et si nous affrontions, pour cela, les éléments à armes égales ? De nombreux compositeurs ont, en effet, mis en musique les manœuvres du ciel et ses perturbations les plus vives. On pense, bien naturellement, à Antonio Vivaldi et à ses Quatre Saisons. La partie "Allegro" de l’hiver, plus particulièrement : quelques flocons entraînent dans leur chute, peu à peu, les bourrasques d’un vent cruel.

Le répertoire baroque, et ses oppositions vif / lent, aigu / grave, se prête aisément à l’exercice de la tempête. A l’opéra aussi, la confrontation avec la tempête fait rage. Jean-Philippe Rameau illustre cette lutte dans son opéra Platée, lorsque les Hommes demandent aux Dieux leur clémence ("Dieux, qui tenez l’univers en vos mains… "), thème que l’on retrouve, sous les mêmes formes, dans l’ouverture d’Iphigénie en Tauride, de Gluck.

Mais les Dieux, pour antiques qu’ils sont, ne sont pas toujours responsables des intempéries ! Certains compositeurs n’ont pas besoin des Dieux pour évoquer – avec fougue – la tempête et ses effets. Richard Strauss, par exemple, dans le "Gewitter und Sturm" de sa Symphonie Alpestre démontre le pouvoir de la musique à souligner, à amplifier la nature et ses caractères. On retrouve cette nature querelleuse dans Le Barbier de Séville, de Rossini, et la scène d’orage dans le deuxième acte.

« Heigh, my hearts! cheerly, cheerly, my hearts!
yare, yare! Take in the topsail. Tend to the
master's whistle. Blow, till thou burst thy wind,
if room enough! »
William Shakespeare, The Tempest, 1611

« Souffle tempête, jusqu’à en crever si tu peux ! ». Purcell, Beethoven, Tchaïkovski, Sibelius et, plus récemment, Thomas Adès : The Tempest de William Shakespeare a profondément marqué bon nombre de compositeurs. Certains de manière très figurative : on entend le vent d’Ariel souffler, la mer se déchaîner.

Tchaïkovski prit cette voie dans La Tempête, fantaisie symphonique d’après Shakespeare en fa mineur, op.18, composée en 1873. Jean Sibelius va plus loin encore dans sa Tempête, en 1925, avec un prélude d’une brutalité peu commune. Plus récemment, c’est dans cet esprit de trouble harmonique que Thomas Adès a développé l’ouverture de son opéra The Tempest, créé à Londres en 2004.

D’autres prirent une voie différente, et se sont attardés sur l’aspect symbolique de la pièce de Shakespeare. C’est le cas de Beethoven dans la Sonate pour piano n°17, « La Tempête ». Peu de mouvements tempétueux dans cette sonate, mais beaucoup de réflexion et de gravité. Le surnom de cette sonate ne vient d’ailleurs pas de Beethoven lui-même, mais de l’invitation du compositeur à lire la pièce de Shakespeare...

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