Pour la Maitrise de Notre-Dame, la rentrée s'annonce difficile

Le 17 décembre 2019, les chanteurs de la Maîtrise de Notre Dame de Paris se mettaient en grève et annulaient leur concert de Noël en l’église Saint-Sulpice, à Paris. La raison : le licenciement de 5 membres de l'équipe pédagogique.

Pour la Maitrise de Notre-Dame, la rentrée s'annonce difficile
La cathédrale de Notre-Dame en janvier 2020, © Maxppp / Aurelien Morissard

Il n’y a pas eu de concert de Noël à Saint-Sulpice, à Paris, en décembre 2019, pour le Chœur d’adultes de la Maîtrise de Notre-Dame. Les chanteurs ont décidé de se mettre en grève pour dénoncer le licenciement économique de cinq membres de leur équipe pédagogique. 

Très rapidement, un collectif a également été constitué sous le nom de Haut les Chœurs, pour dénoncer « les motivations de ces licenciements », explique Benoît Pellistrandi. Parent d’élève de la Maîtrise, il est le porte-parole du collectif, qui regroupe chanteurs, chœur d’adultes et jeune ensemble, ainsi que d’anciens élèves et des parents d’élève. « Cette mesure est présentée comme un licenciement de nature économique et nous sommes convaincus que, même s’il y a des difficultés financières à la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, qui sont en partie liées à l’incendie, mais sans doute pas uniquement, c’était la décision la plus catastrophique », affirme-t-il. 

Benoît Pellistrandi s'inquiète notamment du licenciement de Sylvain Dieudonné, responsable du département de Chant grégorien et musique médiévale depuis 25 ans. « En supprimant le poste de Sylvain Dieudonné, qui a fait un travail d’archive et de musicologie incomparable, il nous semblait qu’on atteignait le cœur même de la Maîtrise Notre-Dame de Paris ». 

« Continuer à valoriser ce patrimoine à l’ombre du nouveau chantier »

L’étude du chant grégorien, qui pourrait donc disparaître, est l’une des spécificités de la Maîtrise de Notre-Dame, explique Sylvain Dieudonné. Elle est constitutive de son identité même, en raison du lien qui unit la Maîtrise à la cathédrale. « L’Ecole de Notre-Dame est née à l’ombre du chantier de la cathédrale au tournant des XIIe et XIIIe siècles et aujourd’hui il est pour moi extrêmement important de continuer à valoriser ce patrimoine à l’ombre du nouveau chantier de la reconstruction de la cathédrale », déclare-t-il. 

Sylvain Dieudonné rappelle l’importance du chant grégorien, qui est « à l’origine de toute notre musique occidentale, de même que l’Ecole de Notre-Dame qui a inventé le rythme mesuré qui est à l’origine de tous les développements ultérieurs de la polyphonie, donc ce n’est pas quelque chose de neutre ». 

Pour le moment, la présidence de la Maîtrise renonce à tout commentaire en raison de la préparation de la rentrée. L’association Musique sacrée à Notre-Dame qui gère la Maîtrise avait expliqué qu'après l’incendie de la cathédrale, le 15 avril 2019, la réduction substantielle de la saison de concerts avait entraîné en quelques mois la perte d’un quart du budget de fonctionnement.  La présidence à quant à elle fait part de sa volonté de maintenir une valorisation de la musique médiévale dans l’enseignement, le tout en ayant « très peu de visibilité à court terme sur les prochains mois. »