Une nouvelle saison et deux anniversaires pour l’Opéra de Paris

Tout au long de sa saison 2018/2019, l’Opéra de Paris célébrera, au fil de sa programmation, un double anniversaire : les 350 ans de la création de l’Académie royale de musique et les 30 ans de l’inauguration de l’Opéra Bastille.

Une nouvelle saison et deux anniversaires pour l’Opéra de Paris
Le Palais Garnier, © Maxppp / Jean Navarre

Le lundi 29 janvier, l’Opéra de Paris a présenté au Palais Garnier le programme de sa saison 2018-2019, en présence de Stéphane Lissner, son directeur, Aurélie Dupont, directrice de la danse et de nombreux artistes invités.

C’est sous un angle immédiatement énoncé et souligné par Stéphane Lissner que se déploiera cette nouvelle saison : celui d’un double anniversaire. L’Opéra de Paris célèbrera en effet les 350 ans de la création de l’Académie royale de Musique, sous Louis XIV en 1669, ainsi que les 30 ans de l’inauguration de l’Opéra Bastille.

La saison 2018-19 a donc été élaborée en hommage à cette double célébration. Et cela commencera avec « trois piliers du répertoire français et de l’histoire de la maison », a indiqué son directeur : Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra en 1836. La mise en scène sera signée Andreas Kriegenburg et la direction musicale confiée à Michele Mariotti, avec parmi la distribution Diana Damrau, Bryan Hymel, Karine Deshayes et Florian Sempey.

On retrouvera également l’œuvre programmée pour le premier levé de rideau de l’Opéra Bastille, en 1989, Les Troyens d’Hector Berlioz, sous la direction de Philippe Jordan dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov, avec Elīna Garanča, Stéphanie d’Oustrac, Véronique Gens et Stéphane Degout.

Enfin, très attendu, l’opéra-ballet de Rameau, Les Indes Galantes, sous la direction de Leonardo García Alarcón, dans une mise en scène de Clément Cogitore et un casting composé de Sabine Devieilhe, Julie Fuchs et Stanislas de Barbeyrac.

En tout, 32 programmes dont 15 nouveaux spectacles seront proposés. Parmi les nouvelles productions, figurent Lady Macbetch de Mzensk de Dmitri Chostakovitch dans une mise en scène de Krzysztof Warlikowski, Don Giovanni de Mozart dirigé par Philippe Jordan mis en scène par Ivo van Hove ou encore, La Traviata de Verdi, dans une nouvelle mise en scène de Simon Stone.

L’Opéra, « un miroir obscur de la vie »

Durant la soirée de présentation, plusieurs personnalités ont été invitées à échanger quelques mots autour de leur collaboration avec l’Opéra. Parmi elles, le metteur en scène Romeo Castellucci que l’on retrouvera avec Primo omicidio d’Alessandro Scarlatti. Interrogé sur son métier, il a déclaré que le théâtre était « le lieu privilégié de la pensée », en ajoutant qu’il était selon lui, dangereux de considérer l’opéra comme un musée : « L’opéra n’est pas figé, mais à réinventer chaque jour. C’est le miroir obscur de la vie, non ? »

Une vision que Robert Carsen, également présent, semble partager : « Pour moi et pour les gens qui y travaillent, la tradition est un concept, mais pas vraiment une réalité ». Sa mise en scène, désormais emblématique, de La Flûte enchantée, créée à l’Opéra en 2014, sera de retour cette année. « Je n’ai pas pour habitude de monter une œuvre plus d’une fois, mais La Flûte enchantée, c’est tellement extraordinaire qu’on peut bien la réattaquer une fois tous les 20 ans », a-t-il commenté, provoquant les rires de la salle.

« Vous les danseurs, êtes ma source d’inspiration »

Aurélie Dupont semble être plus attachée à la tradition, tout en mettant l’accent sur la nécessaire prise de risque : « Le vrai risque, c’est de ne pas en prendre. Si l’Opéra de Paris fête ses 350 ans, c’est grâce à son ambition artistique. » Interrogée par le jeune danseur étoile Hugo Marchand, l’intervention de la directrice de la danse avait surtout les couleurs d’une déclaration d’amour adressée aux artistes : « Vous êtes, les danseurs, ma source d’inspiration. Vous êtes l’avenir de cette maison ».

C’est donc bien un mélange de tradition et de nouveautés que nous proposera cette année le ballet. Un hommage sera rendu à Rudolph Noureev avec Cendrillon et Le Lac des Cygnes, mais aussi à Jerome Robbins dont on fêtera le 100e anniversaire de la naissance avec notamment Fancy Free sur une musique de Bernstein. Le chorégraphe suédois Mats Ek présentera quant à lui deux créations, le Boléro sur la partition de Ravel et Another Place, sur la sonate en si mineur de Franz Liszt.