Une journée au Festival de Saintes

Des dizaines de concerts et de conférences, des émissions en public… Et derrière, des personnes pour faire vivre cet événement. A quoi ressemble une journée au Festival de Saintes ? Suivez le guide.

Une journée au Festival de Saintes
Saintes, l'Abbaye aux Dames (©Guillaume Decalf, France Musique)

A Saintes, les journées commencent très tôt et se finissent très tard, que l’on joue le matin, le midi, ou le soir, que l’on soit artiste, bénévole aux multiples fonctions, producteur de radio, technicien, journaliste, ou spectateur. samedi 12 juillet 2014, quatre concerts étaient au programme de cette 43e édition du festival de Saintes, voici le récit d’une journée type :

La musique appartient à ceux qui se lèvent tôt…

Si le premier concert de la journée est à 11h (un programme Britten par l’Ensemble de Jeunes voix Aposiopée, dirigé par Natacha Bartosek), l’organisation, elle, commence bien plus tôt. A 10h, une conférence est organisée en avant-concert, sur le thème de la musique chorale anglaise au XXe siècle. Et avant cela, il faut installer la salle, accueillir le public… Dès 9h, il faut préparer le « bar des amis », la terrasse éphémère du festival, qui accueillera ses premiers petits déjeuners à 10h.

La terrasse éphémère du Festival de Saintes (©Guillaume Decalf, France Musique)
La terrasse éphémère du Festival de Saintes (©Guillaume Decalf, France Musique)

La plupart des personnes chargées de ces différentes tâches sont bénévoles. Jean-Marie est l’un d’entre eux. A 24 ans, c’est son premier festival comme bénévole, et son troisième en tout. Car, comme de nombreux autres bénévoles, c’est comme spectateur que Jean-Marie a découvert le Festival de Saintes.

Dès le premier concert, le rythme ne faiblira plus. Le concert suivant est à 13h, et promet une salle comble : le pianiste Alexandre Tharaud joue les Variations Goldberg de Bach. Les festivaliers mangent sur le pouce au restaurant éphémère, mais les bénévoles, eux, attendront 14h30 et le départ des derniers spectateurs…

En direct de Saintes

Une autre équipe est arrivée dès le petit matin, celle de Radio France. Vendredi 11 et samedi 12 juillet, France Musique propose son magazine en direct et en public depuis le Festival de Saintes. Une heure d’émission, de 18h à 19h, avec interviews des artistes et plateaux musicaux.

Pascal, chargé de production à Radio France, est arrivé avec l’équipe technique dès vendredi matin. Sa première tâche fut de raccorder le matériel à l’infrastructure France Télécom. Car, pour retransmettre en direct depuis Saintes – comme depuis la plupart des festivals – Radio France utilise le réseau téléphonique existant, accompagné d’un codeur (sur le Festival) et d’un décodeur (à Paris), permettant de diffuser une qualité de son optimale.

photo camion radio france
photo camion radio france

Un camion, un seul petit camion pour retransmettre l’émission en direct. De ce camion partent quantité de câbles, vers autant de consoles de mixage, et de micros. Le travail de Pascal est de s’assurer coûte que coûte de la bonne marche de la retransmission des programmes. Il doit pour cela se faire pessimiste, et imaginer tout ce qui pourrait aller de travers.

A Saintes, le plateau – composé d’une grande table, et d’une dizaine de micros pour les voix et les instruments – a été installé dès le matin, de façon à être opérationnel pour les répétitions qui commenceront en début d’après-midi. Viennent ensuite les balances, qui permettront de calibrer voix et instruments, puis le direct.

Aux côtés de l’équipe technique, on trouve l’équipe de production. Laura est attachée de production à France Musique, elle connaît le Festival de Saintes depuis trois ans. Son travail consiste à préparer l’émission : contacter les artistes qui seront invités, s’assurer de leur bonne présence, gérer les changements de programme, récupérer les disques qui seront diffusés… Mais aussi s’occuper des artistes, et du producteur de l’émission, Jean-Pierre Derrien.

Visuel France Musique magazine à Saintes mea 603 380
Visuel France Musique magazine à Saintes mea 603 380

A 18h, le public entre dans l’auditorium, le micro rouge s’allume. Pendant une heure, Saintes est sur France Musique. Les deux magazines sont disponibles à la réécoute : vendredi 11 et samedi 12.

Le soir ou la nuit…

Après le concert de voix à 11h, puis de piano à 13h, place au symphonique à 19h30. Nous sommes toujours à l’Abbaye aux Dames, et l’Orchestre des Jeunes de l’Abbaye aux Dames interprète la Symphonie n°102 de Haydn, ainsi que la Symphonie n°4 de Beethoven.
Philippe Herreweghe est à la baguette de cet orchestre, particulier à plus d’un titre. Ce jeune orchestre est en effet composé de musiciens inscrits en master, et qui suivent ici une formation en pratique orchestrale sur instruments anciens. Stéphane Grant leur a consacré un Air des lieux en mars dernier, dont nous ne saurions assez conseiller l’écoute.

Le concert s’achève à 21h, laissant le temps nécessaire à la restauration, pour mieux retrouver ensuite Jean-François Heisser au piano, dans un programme Bach / Mompou à 22h. Plutôt que de manger, certains en profitent pour rencontrer les jeunes musiciens de l’OJA. L’ambiance d’un festival tient aussi à cette grande rencontre des artistes et de leurs publics…

La journée s’achève donc à 23h30, après ce dernier concert de Jean-François Heisser. Certains discutent encore quelques minutes, mais la plupart partent déjà se reposer. Demain, une nouvelle journée bien remplie attend le Festival de Saintes.

Informations pratiques :

Le Festival de Saintes se tient du 11 au 19 juillet. Parmi les grands rendez-vous de cette édition, notons le concert de la Cappella Mediterranea dirigée par Leonardo Garcia Alarcon (Il diluvio Universale de Falvetti ) lundi 14 juillet, le récital du claveciniste Jean Rondeau mardi 15, ou encore le 1er Concerto pour piano de Chopin et la 8ème symphonie de Schubert par l’Orchestre des Champs Elysées dirigé par Philippe Herreweghe, avec Alexander Melnikov au piano.

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