Une 4e victime présumée accuse James Levine d’agressions sexuelles

Le New York Times a publié le témoignage d’Albin Ifsich, un violoniste qui accuse à son tour James Levine d’agressions sexuelles, il y a près de cinquante ans. C’est la 4e victime présumée du chef d’orchestre qui se manifeste depuis que l’affaire a éclaté.

Une 4e victime présumée accuse James Levine d’agressions sexuelles
James Levine, 2013, © Getty / Hiroyuki Ito

Ils sont désormais quatre à accuser publiquement James Levine d’agressions sexuelles. Le lundi 4 décembre, le New York Times a publié le témoignage d’une nouvelle victime présumée du chef d’orchestre. Albin Ifsich, violoniste, avait 20 ans lorsqu’il aurait subi les premières agressions du chef d'orchestre, en 1968. Etudiant, il participait à un programme d’été dans le Michigan, en présence de James Levine, dont la carrière s’envolait. Par la suite, Albin Ifsich déclare avoir été victime d’autres agressions , pendant plusieurs années, lorsqu’il a rejoint un groupe de jeunes musiciens qui vivait avec James Levine, à Cleveland et à New York.

Ce témoignage est similaire à celui de James Lestock. Le violoncelliste rapporte avoir été abusé sexuellement par le chef ce même été dans le Michigan, puis au sein de la communauté de jeunes musiciens créée autour de lui.

Qui savait ?

Suite à ces révélations, James Levine, a été suspendu du Metropolitan Opera de New York le dimanche 3 décembre. Chef émérite de l’institution, il en a été le directeur musical de 1976 à 2016. Dans ce même article du New York Times, on apprend que Le MET doit aujourd’hui faire face à de nombreux messages de personnes qui souhaitent témoigner ou manifester leur indignation quant à la gestion de cette affaire. Dans un mail envoyé à ses donateurs, deux membres de sa direction déclarent être « très perturbés par les articles parus sur James Levine ». « Avec le directeur, Peter Gelb, nous sommes déterminés à approfondir l’enquête sur les accusations formulées à l’encontre de James Levine et nous nous engageons à prendre toutes les mesures nécessaires », ajoutent-ils.

Comme pour l’affaire Weinstein, se pose aujourd’hui cette question : qui savait ? « Pas nous », semblent répondre les ensembles avec lesquels James Levine a travaillé. L’Orchestre symphonique de Boston, dont il a été le directeur musical, a ainsi déclaré avoir découvert ces allégations au moment de leur parution dans la presse, le 2 décembre. L’orchestre s’engage cependant à ne plus travailler avec lui. Le festival de Ravinia, dont il a également été le directeur musical, a tenu les mêmes propos. La Juilliard School de New York a de son côté annulé la présence de James Levine en février prochain à la tête de son orchestre, pour un concert avec le programme des jeunes artistes du MET.