Un pianiste réfugié palestinien reçoit le prix Beethoven pour les droits de l’homme

Mis à jour le mardi 22 décembre 2015 à 11h29

Après avoir fui la guerre syrienne, le pianiste Aeham Ahmad est arrivé en Allemagne où il a reçu une récompense : le prix Beethoven pour les droits de l’homme, la paix, l’intégration et le combat contre la pauvreté.

Un pianiste réfugié palestinien reçoit le prix Beethoven pour les droits de l’homme
©MarcMüller/dpa/Corbis

Aeham Ahmad avait un rêve: rejoindre l’Allemagne et rejouer du piano. Rêve exaucé, puisqu’il a réussi à fuir le camp de Yarmouk, en bordure de Damas (Syrie) dans lequel il a grandi et vécu jusqu’à ses 27 ans et est arrivé en Allemagne où il vient de recevoir un prix.

Le 18 décembre 2015, Aeham Ahma d reçoit à Bonn le Prix Beethoven pour les droits de l’homme, la paix, l’intégration et le combat contre la pauvreté. Une récompense décernée pour la première fois cette année à ce jeune pianiste pour perpétuer la mémoire du grand compositeur, et ses idéaux.

« A travers la musique de Beethoven, je veux attirer l’attention sur ses idéaux », a déclaré Torsten Schreiber, co-fondateur de ce nouveau prix international. « J’ai suivi les recommandations du compositeur: faire le bien quand on le peut, aimer la liberté plus que tout, et ne jamais renier la vérité, même face à la mort ».

La cérémonie s’est déroulée en présence de grands artistes comme les pianistes Martha Argerich et Luisa Imorde.

« Avec votre musique, vous donniez à ceux qui étaient avec vous un moment d’humanité et de dignité, et quelque chose de plus précieux encore: l’espoir », a déclaré pendant la cérémonie de remise du prix Friedrich Kitschelt, secrétaire d’Etat allemand avant de poursuivre : « Nous honorons votre courage à jouer de la musique dans un environnement où les performances artistiques sont interdites et peuvent entraîner des punitions sévères ».

Les fondateurs du Prix Beethoven saluent les actions du pianiste lorsqu’il était encore au camp de Yarmouk. Pendant des années, dans une ville en ruines, le pianiste installe son instrument dans la rue et joue pour les habitants du camp. Des vidéos de lui ont fait le tour des réseaux sociaux en 2014, mettant la lumière sur ce musicien hors du commun et sur le camp de réfugiés.

On apprend que son piano est brûlé par un membre de Daesh, ce qui le pousse à s’exiler fin août 2015 pour entreprendre un périlleux voyage de la Syrie jusqu’à l’Allemagne. Aujourd’hui, Aeham Ahmad vit à Giessen en Allemagne et attend que sa famille - qui a elle aussi entrepris le voyage - le rejoigne.