Un manque de parité à la tête des conservatoires français

Dans son dernier numéro, le journal La Lettre du musicien a publié une enquête sur la proportion de femmes qui dirigent des conservatoires de musique et de danse. Et le résultat n’est pas très brillant.

Un manque de parité à la tête des conservatoires français
Conservatoire de musique de Roubaix, © Maxppp / Philippe Pauchet

L’enquête de _La Lettre du musicien_ porte sur 167 établissements : les conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse, les conservatoires à rayonnement régional, les 10 pôles supérieurs et les 17 conservatoires d’arrondissement de Paris. Pour toutes ces institutions, seules 28 directrices ont été recensées, soit 16%. Et « les deux conservatoires supérieurs remportent la palme », ajoute la journaliste Suzanne Gervais qui explique qu'il n’y a eu aucune femme « parmi les 31 directeurs qui se sont succédé depuis… Cherubini en 1796 ».

Après avoir exposé ces chiffres, Suzanne Gervais revient sur les facteurs qui pourraient expliquer cette faible présence des femmes à la tête des conservatoires. Elle relève deux principaux freins : les préjugés qui perdurent, et l’intériorisation du fait d’être « socialement plutôt moins bien préparées à la compétition », comme l’écrit la sociologue Hyacinthe Ravet. Plusieurs témoignages attestent de ces difficultés, comme celui de Claire Paris-Messler, 55 ans, qui a dirigé le CRD de Mulhouse de 1998 à 2005, puis le CRR de Rouen. Elle a démarré sa carrière de directrice dans une école de musique du Val-de-Marne à 26 et elle raconte, « j’ai dû supporter l’attitude éminemment paternaliste de nombreux confrères ».

Chaque année, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, SACD, publie une étude intitulée « Où sont les femmes », et les résultats ne pointent pas de grande amélioration concernant la visibilité des femmes dans le monde de la culture. En 2016, il y avait 0% de femmes à la tête de théâtres nationaux, 15% pour les maisons d’opéra.