Chaplin en ciné-concert à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

A l'occasion du 130e anniversaire de la naissance de Charlie Chaplin, la Fondation Jérome Seydoux- Pathé à Paris organise un cycle de projections de films en ciné-concert. Des étudiants pianistes en improvisation au Conservatoire de Paris se relaient pour créer les éphémères bandes originales.

Chaplin en ciné-concert à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Charlie Chaplin dans le film Charlot vagabond qu'il a réalisé en 1915, © Archives de Roy Export Company Ltd

Alors que l'épisode estival touche à sa fin et que la pluie s'apprête à faire son retour sur la majeure partie de la France dans les prochains jours, voici une très bonne idée de sortie pour les enfants qui sont encore en vacances. Jusqu'au 12 mars, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (Paris, XIIIe) organise un grand cycle de projections de films de Charlie Chaplin en ciné-concert. 

Intitulé Chaplin's comedies, ce cycle a été imaginé pour commémorer le 130e anniversaire de la naissance de Charlie Chaplin. 22 films seront projetés, tous tournés entre 1914 et 1917, l'époque de la naissance du personnage de Charlot. Les films durent entre 13 et 30 minutes et sont tous, évidemment, muets. 

La Fondation Seydoux-Pathé renoue avec ce qu'il était coutume de faire à l'époque : le ciné-concert. « Il est courant de penser que le cinéma muet était un spectacle silencieux, explique Elvira Shahmiri, reponsable de la programmation et de l'exploitation à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Alors que chaque séance était accompagnée par un ou des musiciens, parfois même des orchestres en fonction de la taille de la salle où avait lieu la projection. Il y avait donc toujours de la musique, et c'était très souvent de l'improvisation ». 

Une improvisation mi-composée, mi-préparée

La Fondation Seydoux-Pathé s'est associée au Conservatoire national supérieur de Paris, et plus précisément avec la classe d'improvisation de Jean-François Zygel. A chaque projection, les étudiants se relaient au piano pour accompagner les films de Chaplin. Thomas Lavoine, 32 ans, est un ancien de la classe d'improvisation. Il est en charge de superviser les étudiants et de les programmer en fonction de leur niveau et de la longueur des films. 

« Nous ne sommes pas dans l'improvisation totale. Nous ne découvrons pas le film en même temps que les spectateurs. C'est ce qu'on pourrait appeler de l'improvisation mi-composée, mi-préparée. C'est-à-dire que nous regardons le film en amont, plusieurs fois, pour comprendre la structure du film. Le but de cette technique est de réussir à arriver à une découpe qui nous permette de caler une musique dessus, que l'on choisira le moment venu. On est donc toujours dans le registre de l'improvisation puisqu'on connait le film mais pas encore ce qu'on jouera pour l'accompagner » explique Thomas Lavoine. 

Le pianiste se réjouit de voir l'engouement pour ces ciné-concerts, tant de la part du public, que des étudiants qui apprennent à travailler l'improvisation sur film muet au Conservatoire. « Je crois que le public est attiré par le côté spectacle du ciné-concert. Pas une simple projection, ni un concert. L'accompagnement de films muets est vraiment une voie artistique à cheval entre ces deux univers. Les gens aiment ressentir que la musique se crée en direct, devant eux, avec une présence humaine qui ressent en même temps qu'eux et qui va servir de médium ».

Un engouement qui ne cesse de se développer avec les très nombreux ciné-concerts organisés partout en France. On peut le remarquer avec deux films de la saga Star Wars projetés à la Philharmonie de Paris les 2 et 3 mars ou 2001, l'Odyssée de l'espace avec le choeur de Radio France et l'Orchestre national de France, projeté le 17 mars au Grand Rex.