Un chef de choeur du Conservatoire de Tours mis en examen pour viols sur mineurs

Soupçonné de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs, le chef de chœur de la maîtrise du Conservatoire à rayonnement régional de Tours a été mis en examen et écroué. Il est également suspecté d'avoir administré à ses élèves des somnifères de sa fabrication.

Un chef de choeur du Conservatoire de Tours mis en examen pour viols sur mineurs
Le Conservatoire à rayonnement régional de Tours , © AFP / Guillaume Souvant

Le choc est grand à Tours au lendemain de l'incarcération d'un homme de 60 ans, soupçonné d'avoir violé et agressé sexuellement des élèves mineurs du conservatoire de la ville. Le chef de chœur de la maîtrise du CRR de Tours a été mis en examen pour ces faits commis sur « six à sept jeunes garçons » âgés de 13 à 16 ans au moment des faits, a expliqué Jean-Luc Beck, le procureur de la République de Tours.

Le chef de chœur est également mis en examen pour « administration de substances nuisibles ». Il fabriquait lui-même des pilules, notamment à base de somnifères, qu'il faisait prendre à des élèves en assurant qu'ils éviteraient ainsi de contracter « des maladies ou des rhumes des foins », a indiqué le procureur. Le rôle exact de ces pilules sera déterminé lors de l'instruction.

Les victimes ont été entendues par les enquêteurs, faisant état d'actes de pénétration sexuelle commis lors de voyages à Paris pour des concerts organisés depuis 2014 par l'enseignant. Contrairement à ce qu'il prétendait auprès de ses élèves, ces séjours étaient organisés pendant des week-ends à l'insu du conservatoire, a indiqué le magistrat. Le procureur de la République a lancé un appel pour que d'éventuelles autres victimes se fassent connaître.

L'enseignant, dont l'identité n'a pas été révélée, « reconnaît la matérialité des relations à caractère sexuel, mais nie toute forme de contrainte ou de violence », a indiqué le procureur. L'homme avait déjà été poursuivi pour des faits similaires. Il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis le 2 juin 2005 par le tribunal correctionnel de Tours pour agressions sexuelles sur un mineur. Il avait ensuite été relaxé le 28 septembre 2006 par la cour d'appel d'Orléans. Les magistrats avaient notamment pris en compte en appel le fait qu'il était « unanimement apprécié par les parents des enfants dont il s'occupait » et qu'un examen psychiatrique permettait « d'exclure toute tendance pédophile ». L'enseignant, qui avait été suspendu, avait alors engagé une procédure contre la ville de Tours, et obtenu sa réintégration au conservatoire.

Se déclarant « ému » lors d'une conférence de presse, le maire de Tours Christophe Bouchet (UDI) a exprimé sa « solidarité et compassion » à l'égard des victimes et de leurs familles. Dénonçant « un manipulateur hors série » et un « personnage particulièrement retors et pervers », le maire de Tours a affirmé que l'enseignant avait « mis en oeuvre toute une série de mesures pour déjouer la vigilance renforcée » dont il était l'objet depuis sa réintégration. En raison du « doute » qui subsistait à son égard, « la direction du conservatoire avait une vigilance de tous les instants », a-t-il assuré.

M. Bouchet, qui rencontrera mercredi soir à huis clos les parents des enfants de la maîtrise, a notamment indiqué que le chef de choeur « utilisait le nom du conservatoire et fabriquait des faux » pour faciliter ses agissements.

Avec AFP