“Un américain à Paris” de Gershwin : et si les klaxons étaient faux depuis 70 ans ?

Un musicologue de l’université du Michigan a découvert que dans la partition originale d’Un américain à Paris de Gershwin, la tonalité des klaxons n’est pas la même que celle utilisée aujourd’hui.

“Un américain à Paris” de Gershwin : et si les klaxons étaient faux depuis 70 ans ?
Le compositeur George Gershwin (1898 - 1937) ©Underwood&Underwood/Corbis

En 1923, George Gershwin débarque à Paris pour un court séjour. Un voyage dans lequel il puisera pour composer l’une de ses oeuvres les plus célèbres : Un américain à Paris. Tout au long du poème symphonique résonne le son des klaxons des taxis parisiens. Lors des premières représentations de la pièce, Gershwin utilisait des vrais klaxons, rapportés de son voyage à Paris.

Depuis la mort du compositeur en 1937, les interprétations de cette pièce mythique utilisent des instruments qui se rapprochent de ces vieux klaxons et suivent les indications données sur la partition. Et c’est là qu’intervient le musicologue Mark Clague de l’université du Michigan. En écoutant une version de l’oeuvre datant de 1929, il réalise que la tonalité des klaxons utilisée n’est pas la même que dans les versions plus récentes. L’information reprise dans le NY Times repose sur son dernier ouvrage en cours de préparation, consacré aux oeuvres de George et Ira Gershwin.

En se plongeant dans la partition, il réalise que les indications “A”, “B”, “C” et “D” ne sont pas des notes mais simplement des annotations qui devaient dire aux percussionnistes quand jouer les klaxons. Ainsi, pendant 70 ans, les percussionnistes ont joué des notes qui ne sont pas fidèles à ce qu’imaginait Gershwin pour sa pièce.

Dans les années 20, Un américain à Paris était interprété avec les vrais klaxons dénichés par le compositeur. La question de la tonalité ne se posait pas. Mais les instruments ont rapidement été perdus et remplacés par des klaxons fabriqués spécifiquement pour l’oeuvre en prenant en compte les “notes” écrites par Gershwin sur la partition.

Le doute persiste, à cause de ces mystérieuses lettres. Mais si l’on compare deux versions, l’une ancienne, et l’autre plus récente, on entend clairement que la tonalité des quatre klaxons est bien différente.

La version de 1929 :

Et la version de 2011 avec les klaxons faux :

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