Un Américain de retour à Paris, avec le rythme et la musique

C’est une production iconique qui rentre à la maison. Après cinq ans à voyager à travers le monde, "An American in Paris", la comédie musicale de George et Ira Gershwin, revient au Théâtre du Châtelet, où il a été créé.

Un Américain de retour à Paris, avec le rythme et la musique
Zachary Prince - Ryan Steele - Michael Burrell dans Un Américain à Paris au Théâtre du Châtelet , © (c)Cyril Moreau

C’est la première grande comédie musicale dans un Châtelet tout juste rénové : Un Américain à Paris revient pour 43 représentations, jusqu’au 1er janvier 2020. Créé en ce même théâtre il y a cinq ans, la production a depuis fait le tour du monde, et raflé bon nombre de récompenses, sans rien perdre de sa capacité à émerveiller son public.

‘S Wonderful, 'S Marvelous

A l’origine, il y a un ballet rhapsodique de George Gershwin, avec ses klaxons et son inspiration musicale parisienne, puis il y a un chef d’oeuvre cinématographique signé Vicente Minnelli et porté par l’immense Gene Kelly. Un film musical composé d’un florilège de chansons de George et Ira Gershwin issues d’autres comédies musicales, comme I Got Rhythm (extraite de Treasure Girl), The Man I love (Lady, Be Good !), 'S Wonderful (Funny Face) et qui firent particulièrement le bonheur des chanteurs de jazz.  

La comédie musicale reprise au Châtelet garde les mêmes ingrédients, dans une mise en scène lumineuse et une chorégraphie signée Christopher Wheeldon. Un défi pour les artistes sur scène, particulièrement sollicités par les scènes dansées et chantées. Pour Ryan Steele, qui incarne Jerry Mulligan, le rôle principal, c’est « incroyablement exigeant ». Ses 20 ans de danse classique ne sont pas de trop pour relever le défi, mais « après les séquences de danses, il y a encore beaucoup à chanter ! dit-il en riant, Et en plus, c’est la musique de Gershwin, donc tu veux donner le meilleur ».      

Un Américain à Paris est aussi musicalement exigeant : « toute la musique que vous entendez est jouée dans la fosse souligne le chef d’orchestre Jesse Warkentin, et cette comédie musicale contient d'authentiques pièces symphoniques de Gershwin, ce qui constitue un défi chaque soir ». C’est le cas également pour le pianiste, sollicité tout au long du spectacle par des pièces exigeantes.   

Une musique qui n’a rien perdue de son charme, et si la dramaturgie contribue à moderniser la comédie musicale, « le cœur du spectacle, ce sont les chansons incroyables de Gershwin. Et il n’y a pas de changement là dedans, parce que ce serait difficile d’avoir des chansons plus parfaites » commente la directrice du théâtre du Châtelet Ruth Mackenzie.

Un Américain autour du monde

Ce qui rend la reprise d’Un Américain à Paris si particulière cette année au Châtelet, c’est que, depuis sa création en 2014, plusieurs millions de spectateurs ont vu la comédie musicale à travers le monde. Après Paris, le spectacle a voyagé à Broadway, puis dans toute l’Amérique du Nord, avant de s’envoler dans le West End londonien, et enfin en Chine. 

Dans la distribution parisienne, le chef Jesse Warkentin comme le premier rôle Ryan Steele ont participé aux tournées américaine et chinoise, et témoignent que les publics sont « très différents ». En Chine, le public était plus réservé pendant le spectacle, et ne réagissait pas au même moment que les publics américains et français, ce qui peut être déstabilisant pour les artistes.   

Pour les deux artistes, comme pour l’ensemble de la troupe, monter cette comédie musicale à Paris a quelque chose de magique : « Je vis dans ce décors depuis maintenant quelques années témoigne Ryan Steele, qui découvre Paris pour la première fois, et maintenant, je vois en vrai ce dont je parle et ce que je chante pendant le spectacle, c’est assez fabuleux ». 

Avec le retour de cette mythique production au Châtelet « la boucle est bouclée » pour Ruth Mackenzie. Riche de l’héritage de son prédécesseur Jean-Luc Choplin, la directrice du théâtre compte bien continuer à faire rayonner son institution grâce aux grandes productions de comédies musicales : « à Paris, il y a beaucoup de public qui veut voir des comédies musicales, et nous avons la chance pour cela d’inviter des artistes pour les créer. C’est le cas notamment avec Peter Sellars qui viendra présenter un musical inspiré des chansons de Joséphine Baker (“Perle noire : méditations pour Joséphine” en avril 2020) ». Et si l’on ne connaît pas officiellement la programmation 2020-2021 du Châtelet, nul doute que l’on y trouvera, encore, au moins une grande production dans la lignée d’Un Américain à Paris, de Singin’ in the Rain, ou de 42nd Street…     

Pour aller plus loin, n'hésitez pas a réécouter le cabaret 42e Rue consacré à la comédie musicale.