« Tu vivras toujours grande et belle » : la Belgique en musique

Une fois de plus, une fois de trop, de terribles événements ébranlent une nation. Une fois de plus, une fois de trop, France Musique propose de trouver un peu de réconfort dans la musique, par le biais cette fois d’une « playlist » rassemblant uniquement des œuvres de compositeurs belges.

« Tu vivras toujours grande et belle » : la Belgique en musique
©Corbis

« Tu vivras toujours grande et belle », ces paroles de la Brabançonne, l’hymne national de la Belgique, ont un goût amer depuis les attentats perpétrés mardi 22 mars à Bruxelles. Pour jeune nation qu’elle est (son indépendance date de 1830), la Belgique a toujours été une terre de musique. De la Renaissance et Roland de Lassus à nos jours et Philippe Boesmans, honneur à quelques pages de musique belge.

♫Gilles Binchois, Triste plaisir et douloureuse joye

Né selon les sources à Mons au tout début du XVe siècle, Gilles Binchois, également connu sous les noms de Gilles de Binche ou Gilles de Bins, fut compositeur, sous-diacre, prévôt d’église et occupa une charge de secrétaire honoraire de la cour. De cette vie entre église et société laïque, on garde une œuvre partagée entre musique sacrée et musique profane, dont des chansons d’une profonde mélancolie.

♫ Roland de Lassus, les larmes de Saint Pierre (Lagrime di San Pietro )

{% embed youtube 8URQ0ZElT0Q %} Né à Mons en 1532, Roland de Lassus fut l’un des plus célèbres compositeurs de la Renaissance, auteur prolifique de musique sacrée, mais aussi de madrigaux, chansons françaises et néerlandaises, et de quelques lieder. Parmi ses œuvres les plus recueillies et profondes, citons les Lamentations de Jérémie, les Psaumes de pénitence de David, ou encore « les larmes de Saint Pierre ».

♫ Henry Du Mont, O panis angelorum

{% embed youtube UKQD4OCIm7U %} Si Henry Du Mont reste célèbre pour ses œuvres de musique sacrée lorsqu’il était maître de la Chapelle Royale (1663) puis maître de la musique de la Reine (1673), le compositeur, de son vrai nom Henry de Thier, est né à Looz dans le Limbourg, aujourd’hui en région flamande. Formé à Maastricht, c’est à la Cathédrale Saint-Lambert de Liège qu’il parfait sa connaissance de l’orgue, avant de faire carrière en France.

♫André Grétry, Tandis que tout sommeille (extrait de L’Amant Jaloux )

{% embed youtube taqlNE2cvkQ %} Comme Henry Du Mont, André Grétry est né en Belgique et fit carrière en France, inscrivant son nom sur la liste des plus grands auteurs d’opéra-comique. Né à Liège en 1741, on lui doit notamment Céphale et Procris, Andromaque, ou encore L’Amant Jaloux.

♫ Henri Vieuxtemps, Elégie pour alto et piano

Né à Verviers en 1820, Henri Vieuxtemps a fait l’essentiel de sa carrière entre Paris et Bruxelles, ville où il se forme et où il enseigne, par intermittence, à partir de 1850. Il compte parmi ses élèves Eugène Ysaÿe, et fut le fondateur de l’école du violon franco-belge, marquée par les figures de Charles Auguste de Bériot, ou encore d’Arthur Grumiaux. Henri Vieuxtemps fut l’auteur de sept concertos pour violon, de deux concertos pour violoncelle, ainsi que de nombreuses variations, caprices, et autres fantaisies.

♫ César Franck, sonate pour violon et piano en la majeur

Né à Liège en 1822, César Franck entre au conservatoire de la ville dès l’âge de 8 ans et remporte, quatre ans plus tard, les grands prix de solfège et de piano. Très vite produit en concert à Liège, mais aussi à Bruxelles et à Aix-la-Chapelle, la suite de l’histoire du compositeur se fera à Paris, où César Franck entre au conservatoire en 1837. Célèbre pour ses compositions pour orgue, il enseigne l’instrument au Conservatoire de Paris en 1871 et embrasse, pour cela, la nationalité française.

♫ Philippe Boesmans, Au Monde (extrait)

Né à Tongres en 1736, Philippe Boesmans est l’un des plus célèbres compositeurs contemporains. Formé au piano à Liège, il abandonne l’instrument et s’oriente en autodidacte vers la composition. En résidence au Théâtre de la Monnaie pendant plus de 20 ans, il compose pour la salle bruxelloise Reigen (1993), Julie (2005) sur un livret de Luc Bondy, ou encore Au Monde (2014), repris ensuite à l’Opéra-Comique.

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