Suppressions de bourses pour les étudiants de Conservatoire

Plusieurs centaines d’élèves en cycle spécialisé ou de perfectionnement ne toucheront pas de bourses pour l’année 2012 – 2013, au motif que le ministère la Culture estime qu’ils ne dépendent pas de l’enseignement supérieur. Une décision qui créé la colère et l’incompréhension des étudiants.

Suppressions de bourses pour les étudiants de Conservatoire
Bourses conservatoires

C’est une habitude pour les « grands » élèves des conservatoires de musique, de danse et de théâtre, le mois de janvier est le moment pour faire sa demande de bourse. Une allocation qui permet à ceux issus de milieux modestes de financer leurs études et surtout de pallier l’absence d’aide de la part du Crous (l’établissement public qui gère les bourses pour les étudiants à l’université). Ces élèves ont pour la plupart déjà obtenu leur bac et suivent donc un cycle de perfectionnement ou spécialisé en vue d’intégrer un conservatoire national, par exemple. Avec un emploi du temps chargé, au même titre que les prépas classiques, ces cycles ne permettent pas d’avoir un travail étudiant à côté. L’importance de cette bourse est donc vitale pour ces élèves dont le nombre est estimé entre 2500 et 4000 en France.

Mais depuis que le ministère de la Culture a décidé de supprimer ces aides financières à partir de l’année 2012-2013, c’est l’incompréhension la plus totale. D’autant plus que l’annonce de cette suppression s’est faite de manière assez discrète. Ce n’est qu’en février dernier, au moment où les Drac (Directions régionales des affaires culturelles, qui gèrent les subventions de l’Etat visant à financer les conservatoires régionaux et départementaux) récoltent les demandes d’aides, que les principaux intéressés s’en sont aperçus. Le ministère explique que ces élèves ne relèvent pas de l’enseignement supérieur, ils ne peuvent donc pas prétendre à cette bourse.

Un sentiment d'inégalité
Une mauvaise surprise qui a eu du mal à passer pour ces étudiants qui ont débuté leur année en pensant qu’ils toucheraient la somme, jusqu’à 2700 euros pour les plus défavorisés. Quentin Couradeau en fait partie. Agé de 24 ans, il est élève au Conservatoire à rayonnement régional de Paris, en double cursus cycle de perfectionnement de chant et cycle spécialisé de direction de chœur. Il vient de terminer ses études et souhaite intégrer un conservatoire à l’étranger.

Bourses conservatoires 2
Bourses conservatoires 2

L’association Fuse (fédération des usagers du spectacle enseigné), à laquelle Quentin Couradeau appartient, a pris rendez-vous en février dernier avec un conseiller de la Culture pour demander des explications. Le ministère a alors décidé de la mise en place d’un dispositif d’urgence en sommant les Drac de s’acquitter, dans la mesure du possible, d’aides individualisées pour l’année en cours. Une décision qui intervient après la baisse de 25% des subventions des Drac aux conservatoires, des subventions d’où provenaient le financement des bourses.

Depuis le mois de janvier, peu de Drac ont déjà versé l’aide aux bénéficiaires. Celles des régions Rhône-Alpes et Basse-Normandie ont fait savoir qu’elles ne distribueraient aucune allocation, et pour l’Ile-de-France, la région qui compte le plus grand nombre d’élèves dans ce cas (environ 50%), c’est encore l’incertitude la plus totale.
Seules les Drac des petits conservatoires régionaux ayant entre un à cinq étudiants concernés ont perçu l’allocation. Pour les régions de taille moyenne, la bourse sera donnée aux élèves issus des familles aux revenus les plus modestes.
L’incertitude est encore plus grande pour ceux qui souhaitent s'inscrire ou se réinscrire à la rentrée car le ministère n'a toujours pas fait savoir, à quelques semaines de la reprise, si un dispositif serait remis en place pour l'année 2013-2014. Certains élèves n’ayant pas les moyens d’être aidés par leur famille devront peut-être faire une croix sur leur carrière artistique. Contacté sur le sujet, le ministère de la Culture n'a pas trouvé le temps de nous répondre.