Roselyne Bachelot : "Le jazz n'a sans doute pas la place qu'il mérite dans le paysage français"

La ministre de la Culture a fait escale ce week-end au festival Jazz sous les Pommiers. "Je vais inciter les scènes musicales à mieux intégrer le jazz dans leurs programmations", a-t-elle assuré, dans le cadre d'une discussion avec les artistes et les créateurs.

Roselyne Bachelot : "Le jazz n'a sans doute pas la place qu'il mérite dans le paysage français"
La ministre de la Culture Roselyne Bachelot et le directeur de Jazz sous les Pommiers, Denis Le Bas, © Radio France / Marc Voinchet

Une ministre pour défendre la cause du jazz. La 40ème édition du festival Jazz sous les Pommiers, qui s'est achevée ce dimanche, a reçu une visiteuse de marque en la personne de Roselyne Bachelot. Venir à Coutances, pour la ministre de la Culture, c'est à la fois reconnaître l'ancrage des festivals dans les territoires, et montrer que le jazz est une forme artistique majeure, dit-elle : "Il y a de remarquables festivals de jazz dans notre pays et Coutances est sur le podium des festivals de qualité internationale." Et d'ajouter : "Le jazz n’a sans doute pas la place qu’il mérite dans le paysage artistique français."

On connaît dans le monde de la musique la réputation de Jazz sous les Pommiers. D'ailleurs, rien que le titre, je le trouve exceptionnel" - Roselyne Bachelot

Interpellée sur les contrebasses

Roselyne Bachelot a profité de son passage pour s'entretenir avec quelques artistes et représentants du jazz, comme la batteuse Anne Paceo, le violoniste Théo Ceccaldi ou encore le tromboniste Fidel Fourneyron. Pourquoi pas, après "Tous à l'Opéra", une opération "Tous au Jazz" ? L'idée est lancée au détour d'une question. La ministre y paraît sensible. Elle est également interpellée par la trompettiste Airelle Besson sur la question du transport des contrebasses dans les trains, passible d'une amende car l'instrument est considéré comme trop volumineux. Là encore, Roselyne Bachelot assure prendre la requête au sérieux, et avoir interpellé à ce sujet Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF. Une pétition, réclamant l'autorisation des contrebasses dans les trains, a déjà recueilli plus de 36.000 signatures.

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Ce que je préfère dans le jazz ? Vous savez, je suis une vieille dame, j'aime le jazz classique : Coltrane, Miles Davis..." Roselyne Bachelot

Interrogée, notamment par le producteur de France Musique Alex Dutilh, sur le faible nombre de personnalités du jazz à la tête de scènes musicales, la ministre répond : "J'ai commencé une politique de très grande ouverture sur les nominations. J'accueillerai avec bienveillance les candidats issus du jazz qui présenteront les qualités nécessaires à diriger une scène musicale." 

Un mot pour définir le jazz ? Foisonnement. C'est un lieu magique, un festival. Et c'est un lieu hyper magique qu'un festival de jazz" - Roselyne Bachelot

La ministre a profité de sa venue à Coutances pour rencontrer les artistes
La ministre a profité de sa venue à Coutances pour rencontrer les artistes, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Une politique d'incitation en faveur du jazz

La ministre évoque alors plusieurs politiques spécifiques, qui permettraient de donner des coups de projecteur à la scène jazz : "Il s'agit de donner plus de place dans l’audio-visuel, en particulier public, à la forme jazz, je vais effectivement m'y employer", assure-t-elle : "J'ai d'ailleurs maintenu la chaîne musicale et culturelle Culture Box et il faut que sur cette chaîne, il y ait du jazz. Il ne s'agit pas de fixer des quotas, mais que le jazz existe et qu'il ne soit pas soit absent, soit relégué à des heures de quasi non-écoute." Pour Roselyne Bachelot, il s'agit aussi d'inciter les scènes musicales à mieux intégrer le jazz dans leurs programmations : "Je sais bien que ces programmations se décident longtemps à l'avance, mais j'aurai une politique d'incitation à ce niveau-là." 

Ce sera de la politique à long terme, mais qui permettra de donner au jazz sa place" Roselyne Bachelot

La membre du gouvernement a aussi évoqué la question du pass sanitaire. "Beaucoup ont craint que la création du pass sanitaire serait l'occasion de difficulté, d'embouteillages. J'ai passé tout mon mois de juillet et une partie du mois d'août dans des lieux de culture, et je considère que ça se passe extraordinairement bien. Les organisateurs ont tout fait pour que les personnes ne soient pas empêchées de pouvoir accéder aux lieux de culture."

Qu'en est-il des États Généraux des festivals, rendez-vous initiés par la ministre ? "Il y a eu une première session à Avignon, la deuxième à Bourges, il y a quelques semaines. Début décembre, il y aura une troisième édition de ces États Généraux", rappelle Roselyne Bachelot : "Précisément, les pistes que nous avons évoquées à propos du jazz trouveront toute leur place dans ces États Généraux des festivals, qui vont aller maintenant dans le concret". Les artistes prennent note.