Roselyne Bachelot sur France Inter : "évidemment que la culture est essentielle"

Invitée sur France Inter, la ministre de la Culture a réaffirmé son soutien au monde culturel et tente de trouver avec les différents acteurs, des solutions pour sortir de cette crise.

Roselyne Bachelot sur France Inter : "évidemment que la culture est essentielle"
Roselyne Bachelot, © Getty

"C'est une situation tragique" a affirmé ce 17 décembre Roselyne Bachelot sur France Inter à propos des fermetures des salles de spectacle et des cinémas.  La ministre espérait que l’échéance du 15 décembre pourrait être tenue. Malheureusement, ce palier de 5000 contaminations par jour était loin d’être atteint: "Nous avons bâti un plan qui était une ouverture progressive d’un certain nombre de lieux, si nous atteignions ce palier de 5.000 contaminations par jour. On n'était pas braqués sur 5000. Ca aurait pu être 6000 ou 7000. Mais là, les chiffres avaient dérapé pour ne pas baisser en-deçà de 12.000."

La décision de poursuivre la fermeture des lieux culturels a été « un crève-cœur épouvantable ». La ministre a réaffirmé son soutien au monde culturel et travaille aux côtés des différents acteurs : « Depuis jeudi dernier, je suis avec eux pour bâtir des choses, pour bâtir les réponses. Je veux que les artistes sachent qu’on est entièrement à leurs côtés, qu’on les comprend, que cette souffrance on la partage."

La ministre de la Culture s'est aussi désolée en avouant que "c'est difficile de trouver les mots devant tant de souffrance." Mais au regard de la reflambée des cas, la réouverture des lieux de culture ne peut être possible. 

Comment justifier cette décision ?

Décision difficile à comprendre pour le monde de la culture qui a pourtant tout mis en œuvre pour respecter scrupuleusement les protocoles sanitaires. « On ne rouvre pas tout de suite les lieux de culture mais il ne s'agit pas de culpabiliser les gens de la culture, les artistes, et les gestionnaires des lieux. Ils ont observé les règles sur les protocoles sanitaires avec la distanciation, le gel hydroalcoolique, les mouvements avec les ouvreuses qui font circuler les gens de la meilleure façon."

La raison de ce choix est autre : "Nous expliquons simplement que les lieux de culture, c’est 40.000 personnes dans les rues de Paris quand les lieux de culture fonctionnent. C'e n'est pas la question d'accuser le monde de la culture. C'est de tenter de juguler le plus possible ces mouvements de brassage."

Concernant la saisine du Conseil d'Etat en référé-liberté pour demander la réouverture des salles, Roselyne Bachelot a garanti qu'elle allait "regarder avec attention ce qui va se passer dans ce référé-liberté." Elle a également affirmé que "si le Conseil d'Etat nous demandait de rouvrir les salles, elles seront soumises au couvre-feu à 20h. Il y aura un tombé de rideau ou une fermeture des cinémas à 19h. Ce ne sera peut-être pas une très bonne affaire pour les lieux de culture.”

L'étude de solutions

Concernant une éventuelle évolution de la situation, Roselyne Bachelot a expliqué étudier les solutions. "On regarde. On a rouvert les écoles et les conservatoires avant-hier pour que les enfants puissent avoir des activités pendant les fêtes."

Alors peut-on espérer une réouverture des salles de spectacle au 7 janvier ?
Roselyne Bachelot a qualifié la date de réouverture possible des salles de spectacle au 7 janvier de "clause de revoyure", ajoutant que  « ça pourra peut-être rouvrir mais je ne veux surtout pas qu'on recommence le scénario du 15 décembre qui était une constatation si la réouverture était possible et où personne n'a entendu les conditions sanitaires qui avaient été posées. C'est le pire. On va travailler pour voir si on garde cette condition de 5000 cas et sur laquelle on peut évoluer."

Une réaffirmation de la culture comme « essentielle »

Concernant le terme "non essentiel" ayant choqué le monde de la culture, la ministre a déclaré que "c'est une définition administrative. Ca ne reflète pas ce qu’on pense. Evidemment que la culture est essentielle. La culture est au cœur de notre projet. Il n'y a pas un pays qui fait autant pour les artistes. Les artistes sont là. On les aime. Ce n'est pas possible de nous dire qu'on ne considère pas les artistes comme essentiels."