Reprise de la salle Pleyel: plus que 5 candidats en lice

Cinq candidats sur les sept déclarés restent désormais en lice pour reprendre la salle Pleyel, tous suspendus à la décision de justice qui bloque la concession.

Faut-il voir dans l'abandon de deux candidats à la reprise de la salle Pleyel un signe de découragement lié aux rebondissements judiciaires? Le site vente-privée.com et le consortium Nous Production/Magma Cultura/Mk2 Vision ont tous les deux jeté l'éponge a annoncé hier Thibaud de Camas, le directeur général adjoint de la Cité de la musique, propriétaire de la salle Pleyel.

Plus que cinq candidats sont toujours en lice: l'indépendant Jean-Marc Dumontet et les groupes Universal Music, Fimalac, Lagardère et Morgane. La Cité de la Musique, qui va ouvrir le 14 janvier la Philharmonie de Paris, comptait conclure d'ici fin décembre un contrat de concession de la salle Pleyel à un opérateur privé, à la condition expresse qu'on n'y joue plus de classique.

Mais la femme de l'ancien propriétaire de Pleyel, Marie-Christine Tarditi, qui conteste la vente pour 60,5 millions d'euros de la salle en 2009 à la Cité de la Musique, a obtenu que le tribunal de commerce interdise la signature de la concession, à titre conservatoire. La cour d'appel de Paris doit se prononcer le 16 décembre sur la compétence du tribunal de commerce.

"Les choses sont suspendues à la décision de la Cour d'appel le 16 décembre. Si elle va dans notre direction, nous serons tout à fait raccord avec le calendrier qu'on s'était fixés, si elle est défavorable, on va perdre un peu de temps ", convient Thibaud de Camas. La question de la compétence serait alors renvoyée devant le tribunal des conflits, qui "peut se réunir dans les trois mois ", explique-t-il.

Cet imbroglio juridique tombe mal, au moment où la Philharmonie bataille de son côté pour réunir son budget de fonctionnement pour 2015. Le budget initial était estimé à 32 millions d'euros, dont 18 millions de subventions que devaient se partager la ville de Paris et l'Etat. Mais la municipalité parisienne a annoncé qu'elle ne verserait pas sa quote-part.

"C'est en discussion entre l'Etat et la ville, et cela devrait se décider courant décembre. Nous avons prévu un conseil d'administration le 16 décembre pour adopter un budget, sachant que le conseil de Paris doit se prononcer à la mi-décembre ", précise M. de Camas.

Il assure toutefois que la location ou non de Pleyel "n'a aucun lien économique avec la Philharmonie ". La location de la salle doit contribuer -en plus des loyers des bureaux de l'immeuble Pleyel- à rembourser à l'Etat l'avance consentie en 2009 pour acheter la salle. "Nous remboursons à peu près 2,5 millions par an depuis 2009, la question qui est posée, c'est uniquement notre capacité à rembourser."

Avec AFP

Sur le même thème