Le théâtre du Châtelet rouvre avec une saison 2019-2020 participative

Après deux ans de travaux, le théâtre du Châtelet a présenté mercredi 27 mars sa saison 2019-2020 avec une programmation sous le signe de la diversité, de la parité hommes-femmes, mais surtout une programmation participative.

Le théâtre du Châtelet rouvre avec une saison 2019-2020 participative
Thomas Lauriot dit Prevost et Ruth Mackenzie, duo à la tête du théâtre du Châtelet, © AFP / Martin BUREAU

« Nous sommes comme un service public, avance la codirectrice du théâtre du Châtelet Ruth MacKenzie. Les citoyens et citoyennes ont payé pour ce théâtre donc pour nous, le devoir le plus important c’est de demander : qu’est-ce que tout le monde a envie d’aller voir au théâtre du Châtelet ? » Pour répondre à cette question, l’institution a lancé des questionnaires, organisé des débats et imaginé aussi des ateliers participatifs. 

Ces derniers ont été notamment mis en place pour le grand spectacle de réouverture, Parade. Un événement qui réunit trois compagnies, celle d’Elizabeth Streb qui cherche à défier les lois de la gravité, celle de Stéphane Ricordel qui présente un univers aérien et une troupe venue du Mozambique : les Marionetas Gigantes de Moçambique. Des marionnettes géantes du Mozambique mais fabriquées à Saint-Ouen, en banlieue parisienne, avec l’aide d’artistes mozambicains, et de treize volontaires. 

« Les ateliers ont duré 13 jours, le temps d’écrire une histoire, choisir les personnages et construire 10 marionnettes, qui font au maximum 4 mètres, qu'on va utiliser avec deux autres marionnettes apportées directement du Mozambique », explique Dimas Tivane, marionnettiste mozambicain. Ces géantes de papier sont construites avec une base en argile, des bouteilles en plastique et du papier mâché, « à la fin on enlève l’argile pour qu’elles ne soient pas trop lourdes à porter… », ajoute Dimas Tivane. 

On fait le lien entre les deux cultures pour avoir une histoire qui peut être utilisée pour tout le monde.

Un mélange de cultures essentiel pour le jeune artiste mozambicain : « On apporte des choses de chez nous, notamment sur la musique, sur le toucher artistique qu'on met sur nos marionnettes. Mais quand on arrive chez les autres, par exemple ici en France, on a un temps pour partager, discuter avec les gens sur place, savoir quelles sont leurs inquiétudes, de quoi ils veulent parler… On fait le lien entre les deux cultures pour avoir une histoire qui peut être utilisée pour tout le monde. »

Diversité, musique et parité

Cette diversité est au cœur de la programmation du théâtre du Châtelet, avec des artistes d’horizons et de cultures différentes comme Les Troyennes, une coproduction avec le Théâtre national de Corée, spectacle qui mêle musique traditionnelle coréenne et la K-pop, genre musical pop et très populaire dans ce pays. Mélanger les genres, c’est aussi ce que va proposer la création Les Justes, tragédie musicale adaptée par Abd al Malik sur la pièce d’Albert Camus. 

Côté musique, le théâtre du Châtelet va accueillir en résidence l’ensemble MusicAeterna sous la direction de Teodor Currentzis avec au programme : les Requiem de Mozart et de Fauré, un festival Beethoven et du Rameau. Un autre ensemble va s’installer le temps de six concert : l’Orchestre de chambre de Paris propose d’octobre à mars des « déjeuners-concerts », une formule d’une heure avec une oeuvre du répertoire et une oeuvre contemporaine. Au programme aussi l’oratorio de Haendel, Saül, avec Les Talens Lyriques sous la direction de Laurence Cummings. 

On comptera aussi des ballets, de la comédie musicale, des créations… Un programme expérimental car la volonté du théâtre du Châtelet de faire participer les citoyens et citoyennes est encore à ses balbutiements. Pour le moment, les premiers résultats de cette grande consultation ont permis de dégager deux priorités très claires : l’accès au théâtre pour les jeunes. L’institution propose donc 10 000 billets à 10€ pour les moins de 25 ans. 

Enfin, deuxième priorité demandée par cette consultation : la parité sur scène et en interne. Ce à quoi le théâtre a répondu en publiant en mars l’écart salarial entre les hommes et les femmes côté administratif. Résultat pour cette année, il atteint moins de 5% sur une moyenne nationale à 25%. « C’est pas mal, commente Ruth MacKenzie qui dirige le théâtre avec Thomas Lauriot dit Prévost, mais nous allons encore travailler à l’avenir pour cette égalité entre les hommes et les femmes, et continuer à publier ces chiffres chaque année ».