Le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles rouvre ses portes

Le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles rouvre ses portes la semaine prochaine dans son enceinte classée du XIXe siècle après deux années de travaux, avec une scène entièrement rénovée et adaptée au jeu contemporain.

Le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles rouvre ses portes
Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles , © Maxppp / Sergi Reboredo

Les travaux de rénovation de l’édifice, dont les colonnes blanches constituent l'un des emblèmes du centre-ville de la capitale belge, avaient été entamés en 2015 et devaient initialement durer quelques mois. Ce n'est finalement que deux ans plus tard que le théâtre rouvre, après deux saisons extra-muros et « beaucoup d'imprévus », selon son directeur général Peter de Caluwe, qui accueillait la presse le 29 août pour une visite des lieux.

Nouveaux fauteuils, nouvelle climatisation, éclairage aux ampoules basse consommation, fosse d'orchestre et scène « complètement retravaillée » : l'organisme public fédéral qui a piloté la rénovation, la Régie des bâtiments, a débloqué d'importants moyens pour rafraîchir l'institution bruxelloise. De source proche du dossier, on explique que les travaux ont coûté environ 40 millions d'euros, en intégrant la remise à neuf (isolation et chauffage compris) du bâtiment administratif hébergeant les ateliers, séparé du théâtre par une étroite rue piétonne. Il reste désormais à creuser un tunnel sous la rue, entre les deux bâtiments, pour offrir un « passage direct, très facile, entre la production de décors et le plateau de scène », explique Dominique Mertens, responsable des projets de construction à La Monnaie. Il devrait être opérationnel au printemps 2018.

Dans le théâtre lui-même, souligne Dominique Mertens, le gros du chantier a consisté en l'installation de quatre nouveaux ascenseurs sous la scène, pour permettre des changements de décors et des apparitions en silence pendant le spectacle. « On avait des ascenseurs très bruyants (...) un théâtre qui fonctionnait encore avec des techniques datant du XIXe siècle. Ce n'est pas ce qu'on attend du jeu scénique contemporain, donc nous avons décidé de repartir à zéro », ajoute-t-il. Les contraintes techniques liées à l'aménagement de cette nouvelle scène expliquent en partie le retard pris par le chantier. « Nous sommes sur un terrain très marécageux, il a fallu aller très profondément, jusqu'à 40 mètres, pour (s'assurer de) la stabilité, pour tenir la cage de scène », détaille Peter de Caluwe.

Construite en 1700 sur les ruines d'un bâtiment où se frappait la monnaie, cette salle d'opéra, la première à Bruxelles, a connu une histoire mouvementée. Au début du XIXe siècle, Napoléon Ier, dont les troupes occupaient alors la Belgique, a ordonné la construction d'une plus grande salle à quelques dizaines de mètres de là. Ce théâtre a été entièrement détruit par un incendie en 1855 et reconstruit l'année suivante par l'architecte Joseph Poelaert dans un style néo-classique. C’est avec la première de Pinocchio du Belge Philippe Boesmans, une création coproduite avec le Festival d'Aix-en-Provence que le public pourra le redécouvrir totalement rénové, le 5 septembre 2017.

avec AFP