Rentrée difficile pour les conservatoires

La rentrée 2020 a été particulièrement difficile pour les conservatoires, quelle que soit leur taille, à cause du coronavirus. Un début de saison compliqué à mettre en place.

Rentrée difficile pour les conservatoires
Salle de cours de musique vide, © Getty

Pour les conservatoires, la rentrée 2020 a été particulière à cause du coronavirus. Tout a dû être repensé, renouvelé, réactualisé afin de respecter les règles sanitaires obligatoires. Des règles difficiles pour tous les conservatoires, quelle que soit leur taille. Jean-Luc Tourret, directeur du Conservatoire à Rayonnement Régional de Boulogne Billancourt. explique qu'"il a fallu, à la fois, rassurer, mais aussi pouvoir donner un axe fort à toutes et à tous. On avait bien évidemment anticipé parce que nous sommes dans un bâtiment qui est quand même assez grand et qui accueille plus de 3000 élèves, pas forcément simultanément, mais le conservatoire et d’autres associations sont hébergées dans nos locaux. Il a fallu réfléchir à un plan de circulation, à tout ce qui est gestes barrières, acquisition de matériel, etc… Mais effectivement, l’accès au bâtiment, plus la circulation, plus l’accès aux étages, ça a été vraiment quelque chose qui a dû être vu et revu pour maintenir au maximum la sécurité de tout le monde."    

De son côté, Sophie Berthommé, la directrice du Conservatoire à Rayonnement  Intercommunal du Creusot, admet également que la rentrée s’est avérée compliquée tout en reconnaissant suivre "le protocole qu’avait recommandé le ministère de la culture, donc on a des cloisons en plexiglas. On fait très attention. On porte le masque si c’est nécessaire, autrement c'est chacun de son côté par rapport à la cloison. Et puis on a tout le matériel qu’il faut pour désinfecter les instruments s’il y a besoin de les toucher pour les plus jeunes. Donc c’est un peu plus lourd. C’est un peu plus long à mettre en place. Pour les cours, il faut faire très attention. Mais autrement, ça se fait." 

Pour Isabelle Ramona, les choses n'ont pas non plus été simples. La directrice du conservatoire municipal Gustave Charpentier, dans le 18ème arrondissement de Paris, précise tout de même que "certains remaniements étaient faits. Pour tout ce qui est cours collectifs, par exemple les cours de formation musicale qui étaient à 12 l’année dernière, en première et deuxième année, ne sont plus qu’à 6. Ca nous a demandé d’énormes remaniements et évidemment une certaine pratique. Par exemple, pour ne pas citer les orchestres, ils sont à 40 ou 50. Evidemment, on travaille en sessions, en pupitres, par 10 maximum, donc forcément, certains parents ne comprennent pas pourquoi ils ont un cours d’orchestre tous les 15 jours et pas toutes les semaines." 

Lorsqu'on pose la question de savoir ce qu'il se passera si la situation se prolonge, Jean-Luc Tourret répond aussitôt qu'"il faut rester philosophe parce que c’est quelque chose qui nous dépasse tous. On fait tout, à notre modeste niveau, pour maintenir l’activité sur place."

Tous les conservatoires sont prêts, en cas de poursuite ou de durcissement des restrictions sanitaires, pour continuer leurs cours dans les meilleures conditions applicables. Un challenge difficile mais pas impossible.