Rencontre avec Murat Cem Orhan, demi-finaliste du Concours Svetlanov 2018

Depuis le 4 septembre, l'Auditorium de Radio France vibre au son du Concours International de Chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov 2018. Après deux jours d'épreuve, huit candidats ont été sélectionnés pour participer aux demi-finales. Rencontre avec l'un d'entre eux, le Turc Murat Cem Orhan.

Rencontre avec Murat Cem Orhan, demi-finaliste du Concours Svetlanov 2018
Murat Cem Orhan lors des premières épreuves du Concours Svetlanov 2018, © Olesya Okuneva

Murat Cem Orhan a été sélectionné pour participer aux demi-finales du Concours International de Chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov 2018. Ce chef d'orchestre turque est diplômé du Conservatoire d’État de l’Université Dokuz Eylül d’Izmir et du Conservatoire de musique de Brooklyn College de New York. 

L’an dernier, en 2017, il fait ses débuts en Allemagne avec le Heidelberg Sinfonietta, au Heidelberg Spring Festival, dans la pièce orchestrale de Fazil Say. Outre sa carrière de chef d’orchestre, Murat Cem est un compositeur à succès en Turquie qui a déjà remporté des prestigieux Prix. 

France Musique : Comment êtes-vous arrivé à la direction d'orchestre ?

J'ai commencé comme chanteur d'opéra. A ce moment-là, j'aimais déjà travailler dans le détail la partition, puis avoir une vision globale de l'oeuvre. Je n'étais pas intéressé par une ligne, je voulais voir l'ensemble des instruments et voix. J'ai donc commencé par composer puis j'ai pris des cours de direction d'orchestre. Pour être capable de composer, il faut savoir diriger et vice versa. Tout arrive ensemble et quand j'ai réalisé cela, je voulais être chef d'orchestre. 

Quel est le plus grand challenge pour vous dans ce Concours Svetlanov ? 

Le plus grand challenge c'est l'orchestre et le jury ! Nous avons l'un des meilleurs orchestres du monde et 8 des plus grands chefs d'orchestre juste à côté de nous, qui regardent et jugent. C'est facile de diriger de la musique, mais ce qui n'est pas évident c'est de se détendre, de rester calmer sur scène et de travailler pendant 20 minutes pour 8 minutes de musique. Il faut arriver à dire quelque chose qui fait sens, contrôler ses nerfs et sentiments. 

Parmi le répertoire proposé lors du concours, est-ce qu'une des œuvres vous touche plus que les autres ? 

En tant que chef d'orchestre j'essaye de trouver la juste sensation entre le compositeur et le pont entre sa musique et l'audience. Dans ce concours on avait le choix. J'ai sélectionné Egmont pour sa dramaturgie. Puis la Symphonie n°6 de Tchaïkovski et le concerto pour violon de Sibelius. Je ne peux pas dire que j'aime ces œuvres plus que les autres mais je les connais bien. J'ai aussi eu le plaisir de découvrir l'oeuvre de Svetlanov, Daugava, c'est une très belle pièce. 

Propos recueillis par Mélissa Lesnie et Aliette de Laleu