Rencontre avec Fuad Ibrahimov, demi-finaliste du Concours Svetlanov 2018

Depuis le 4 septembre, l'Auditorium de Radio France vibre au son du Concours International de Chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov 2018. Après deux jours d'épreuve, huit candidats ont été sélectionnés pour participer aux demi-finales. Rencontre avec l'un d'entre eux, le Azerbaïdjanais Fuad Ibrahimov.

Rencontre avec Fuad Ibrahimov, demi-finaliste du Concours Svetlanov 2018
Fuad Ibrahimov, demi-finaliste du Concours Svetlanov, © Olesya Okuneva

Fuad Ibrahimov a été sélectionné pour participer aux demi-finales du Concours International de Chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov 2018. Il débute ses études à l’Académie Musicale de Bakou à 15 ans et devient altiste à l’Orchestre symphonique national d’Azerbaïdjan jusqu’en 2002. En 2006, il est admis dans la classe de direction de Michael Luig à l’École supérieure de musique de Cologne et obtient en 2011 son diplôme avec mention.

Depuis 2014, il est chef invité de l’Orchestre symphonique d’état d’Azerbaïdjan, chef principal de l’Orchestre symphonique de la Nouvelle Philharmonie de Munich et chef principal de l’Orchestre de chambre de Bakou.

France Musique : Comment êtes-vous arrivé à la direction d'orchestre ?

Je jouais dans différents orchestres comme altiste et en voyant tous ces chefs d'orchestre, j'ai souvent eu le sentiment que je pouvais faire comme ci ou comme ça, mieux ou pire. J'analysais toujours la situation mais je ne pensais pas encore à la direction d'orchestre parce que je savais que c'était un métier difficile. Tout le monde ne peut pas devenir chef d'orchestre. J'ai décidé d'aller voir un professeur de direction d'orchestre à Cologne en Allemagne en lui disant que j'adorais ce métier, que je savais à quoi point c'était exigeant et que j'attendais son avis honnête pour savoir si je devais me lancer ou non. Il m'a donné un large répertoire et un mois pour me préparer. Après lui avoir montré mon travail il m'a dit : "Tu es fou !" Je ne savais pas ce que ça voulait dire, puis il a répondu qu'un chef d'orchestre devait être fou, que je l'étais un peu et donc que je pouvais intégrer sa classe. Mon plus grand rêve était devenu réalité. 

Quel est le plus grand challenge pour vous dans ce Concours Svetlanov ? 

Le plus grand challenge c'est de ne pas abîmer la musique, de prendre part à une des interprétations possibles parce qu'en face de vous, il y a des âmes. Il faut accepter ce qu'ils veulent donner et ce qu'ils ressentent par rapport à l'oeuvre. Et de ne pas abîmer cela, c'est difficile. Il faut trouver une voie ensemble pour rendre la musique plus belle, plus intéressante... 

Parmi le répertoire proposé lors du concours, est-ce qu'une des œuvres vous touche plus que les autres ? 

Dans ma vie, toutes les œuvres que je découvre et que j'apprends deviennent mes préférées. Je suis tellement heureux grâce à la compétition de découvrir l'oeuvre de Svetlanov car avant je ne connaissais pas bien sa musique et je suis maintenant tombé amoureux de son oeuvre.  

Propos recueillis par Mélissa Lesnie et Aliette de Laleu