Rebondissements judiciaires dans l’affaire des droits du Boléro de Ravel

Selon le journal Le Figaro, la Sacem a été assignée devant le tribunal de grande instance de Nanterre en juin 2018 pour que soit déclaré un coauteur du Boléro de Ravel. De nouveaux ayants droit seraient ainsi reconnus et sa date d'entrée dans le domaine public repoussée.

Rebondissements judiciaires dans l’affaire des droits du Boléro de Ravel
Maurice Ravel, © Maxppp / EFE/Newscom

Le 22 novembre 2018, le Boléro de Ravel célébrera ses 90 ans. Mais l’œuvre, que l’on a récemment entendue résonner sous l’Arc de Triomphe dans le cadre du centenaire de l’Armistice, ne connait pas encore un total repos. 

Le journal Le Figaro publie ce matin de nouvelles informations concernant ses droits d’auteur, qui ne cessent d’être l’objet d’une véritable saga. Le quotidien a en effet appris que la Sacem, la société des auteurs, avait été assignée en juin 2018 devant le tribunal de grande instance de Nanterre. 

Les actuels ayants droit de Ravel et les héritiers d’Alexandre Benois, décorateur du ballet Boléro commandé à Ravel par Ida Rubinstein, souhaitent en effet qu’Alexandre Benois soit déclaré coauteur du Boléro

Ce dernier étant décédé en 1960, sa date de mort permettrait à l’œuvre de revenir et rester dans le domaine privé jusqu’en 2039. « Un bonus de 20 millions d’euros à se partager selon nos informations », écrivent Thierry Hillériteau et Léna Lutaud. 

Une demande déjà rejetée

D'un côté, il y a donc les actuel ayants droit de Ravel, Evelyn Pen de Castel et Jean-Manuel de Scarano, qui n’ont pas de liens familiaux avec le compositeur et sont installés en Suisse. De l'autre, le journal fait mention de cinq héritiers Benois : Dimitri Vicheney, Alberto Romano Benois, François Tcherkessoff, Françoise Braslavsky et Maxime Braslavsky. Tous se seraient ainsi rapprochés. 

Juste avant l’entrée du Boléro dans le domaine public, en mai 2016, la Sacem avait déjà rejeté une demande similaire de la part des héritiers Benois. Une première audience est attendue en 2019. Selon les informations des journalistes, les héritiers Benois réclament 250 000 euros à la Sacem au titre de préjudice économique, 10 000 pour préjudice moral et la nomination d’un expert.