Rapport accablant sur la gestion de l’Opéra et Orchestre de Montpellier

Le journal le Midi Libre a eu accès à un rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de l’Opéra et Orchestre de Montpellier entre 2009 et 201. Un document qui pointe de nombreux dysfonctionnements.

Guerres de clans, largesses financières, fonctionnement interne obscure … Le rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de l’Opéra et Orchestre de Montpellier, entre 2009 et 2014, n’épargne pas l’institution culturelle. Le document doit être rendu public dans quelques jours, mais le Midi Libre, qui y a eu accès, en révèle déjà les conclusions. Et elles sont houleuses. Ce rapport était particulièrement attendu car il porte sur un période durant laquelle quatre présidents se sont succédés à la tête de l’institution, fait suite à un précédent texte de 2010 dans lequel les contrôleurs avaient déjà émis de strictes recommandations.

Indemnités de départ élevées

Durant la période étudiée « les subventions publiques ont permis de financer des emplois de dirigeants dans des conditions très avantageuses et des départs avec des rattrapages d’ancienneté et de versement d’indemnités substantielles » écrit le rapport. Il met en avant des départs qui se sont révélés très coûteux pour l’association, qui rencontrait alors de grandes difficultés financières. En 2010, le directeur René Koering est parti à la retraite avec 665 275 euros, et le licenciement de son successeur Jean-Paul Scarpitta s’est lui élevé à 258 884 euros. « Ces transactions n’ont été ni décidées, ni délibérées en conseil d’administration » précisent les contrôleurs.

Un fonctionnement critiqué

Dans son précédent rapport, la Chambre régionale des comptes recommandait à l’Opéra-Orchestre d’améliorer son fonctionnement institutionnel et de mettre en cohérence ses statuts. Au moment de l’enquête, l’association, créée pourtant en 2012, ne disposait toujours pas de règlement intérieur. De plus, les contrôleurs s’étonnent de la composition identique du conseil d’administration et de l’assemblée générale de l’association, 17 membres, dont 15 élus représentants les collectivités, ce qui « ne favorise pas le fonctionnement démocratique ».

Le rapport indique également que le conseil d’administration servait souvent de « chambre d’enregistrement des décisions prises en amont par le président et/ou le directeur général dont la désignation dépend du principal financeur (la Région jusqu’en 2013, puis l’Agglomération), en particulier pour les très coûteuses conditions d’emplois et de départs des dirigeants. Les procès-verbaux des réunions du CA ne détaillent que peu ou pas ces décisions. L’ordonnateur a fait valoir le souci de discrétion sur les personnes, ce qui n’est pas recevable par la chambre ».

La chambre pointe aussi l’abandon de l’évolution statutaire de l’Opéra-Orchestre qui était prévue, pour passer d’association à celui d'Établissement public de coopération culturelle pour faciliter la gestion.
Si les recommandations du précédent rapport n’ont visiblement pas été suivies, la Chambre régionale conclu sa nouvelle étude par cette phrase et ce jugement : « Le fonctionnement de l’association non conforme à ses statuts (nous) a conduit à ne pas formuler, exceptionnellement, de recommandations ».

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